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Un premier accord en près de 20 ans à l'OMC

07/12/2013 04:58 EST | Actualisé 05/02/2014 05:12 EST

L'Organisation mondiale du commerce (OMC) a scellé un accord qualifié d'historique sur le commerce mondial, le premier depuis sa création il y a près de 19 ans, en janvier 1995.

Réunis à Bali depuis mardi, les ministres des 159 États membres ont adopté à l'unanimité un ensemble de réformes sur la facilitation des échanges, l'agriculture et le développement.

Le cycle de négociations dit de Doha, dans lequel s'inscrivait cette conférence ministérielle en Indonésie, a été lancé en 2001, mais n'avait à ce jour débouché sur aucune avancée concrète.

Plusieurs responsables jugeaient qu'un échec inciterait les États membres à privilégier les accords bilatéraux ou régionaux sur le modèle du partenariat transpacifique actuellement négocié par Washington avec 11 pays d'Asie-Pacifique, ou du partenariat transatlantique entre l'Union européenne et les États-Unis.

L'accord, qui doit encore être approuvé par chaque pays membre, est intervenu après la levée de l'objection de dernière minute que Cuba, soutenu par le Venezuela, la Bolivie et le Nicaragua, avait présentée la veille.

La Havane demandait que les États-Unis lèvent l'embargo mis en place depuis un demi-siècle contre l'île des Caraïbes et condamné à 22 reprises par les Nations unies. Un compromis sur la formulation a été finalement trouvé avec Washington.

Avant le coup de sang cubain, c'est surtout l'Inde qui était source de préoccupation pour les diplomates. Le gouvernement de New Delhi insistait pour conserver le droit de mettre en œuvre un programme d'aide alimentaire censé assurer à quelque 800 millions de personnes les moyens de se nourrir, une politique contraire aux règles de l'OMC plafonnant les aides à l'agriculture à 10 % de la production.

Le problème a été résolu par la promesse de rechercher une solution durable dans un délai de quatre ans.

21 millions d'emplois?

Outre l'agriculture et les politiques de subventions nationales, l'accord de Bali porte sur la « facilitation des échanges », un ensemble de mesures de standardisation et de simplification des procédures douanières qui permettrait de supprimer une partie des barrières existantes.

« Pour la première fois de notre histoire, l'OMC a vraiment réussi », s'est réjoui le directeur général de l'OMC, le Brésilien Roberto Azevedo, en poste depuis septembre.

« Cette fois, tous les pays membres ont agi ensemble. Nous avons remis l'adjectif "mondial" dans le sigle de notre organisation », a-t-il dit au terme des négociations, prolongées d'une journée en raison de l'objection cubaine. « Nous sommes de retour aux affaires, [...] Bali n'est qu'un début. »

L'Institut Peterson d'économie internationale, dont le siège est à Washington, chiffre l'impact de l'accord de Bali sur l'activité économique mondiale à 960 milliards de dollars, ce qui permettrait selon lui la création de 21 millions d'emplois, dont 18 millions dans les pays en développement.

« Des avancées réelles ont été obtenues en matière d'allègement des procédures de passage des marchandises aux frontières. Elles réduiront à terme de moitié le coût d'une opération de commerce international, ce qui bénéficiera au premier chef aux petites et moyennes entreprises », a relevé la ministre française du Commerce extérieur, Nicole Bricq.

« Cet accord est déterminant. Un échec aurait signé la fin de l'OMC. Il faut désormais donner une nouvelle impulsion au multilatéralisme », a estimé la ministre.

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