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République centrafricaine: la France et l'U. A. enverront davantage de soldats

07/12/2013 08:59 EST | Actualisé 06/02/2014 05:12 EST

BANGUI, République centrafricaine - La France et l'Union africaine ont annoncé samedi un plan visant à déployer plusieurs milliers de soldats supplémentaires en République centrafricaine, alors que des milliers de chrétiens craignant des représailles ont tenté de trouver un refuge contre les anciens rebelles musulmans qui contrôlent aujourd'hui le pays, après des jours de violence ayant fait près de 400 morts — et peut-être plus.

Des transports de troupes blindés français et des troupes provenant d'une mission de paix appuyée par l'Union africaine ont circulé à haute vitesse le long des grandes artères de Bangui, alors que des familles transportaient des cercueils en bordure. Signe des tensions croissantes, d'autres citoyens marchant rapidement dans les rues étaient armés d'arcs, de flèches et de machettes.

Mettant fin à une conférence prévue depuis longtemps sur la sécurité de l'Afrique à Paris, le président François Hollande a annoncé samedi que la France portait son contingent à 1600 hommes, soit 400 de plus que ce qui avait tout d'abord été annoncé.

Par la suite, son bureau a précisé que les pays de l'Union africaine avaient accepté d'envoyer 6000 soldats, en hausse par rapport à environ 2500.

Dans la foulée de nouveaux massacres, jeudi, le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté une résolution permettant un effort international plus musclé pour mettre fin à des mois de troubles dans le pays.

L'annonce des déploiements militaires supplémentaires surviennent alors que les groupes de défense des droits de l'homme poursuivaient la funeste tâche consistant à compter et à recueillir les corps des personnes tuées lors des récents massacres. Le bilan des morts dans la capitale s'établissait à 394, samedi, a indiqué Antoine Mbao Bogo, de la section locale de la Croix-Rouge.

Pendant ce temps, le président de la République centrafricaine a demandé aux ex-rebelles désormais intégrés à l'armée nationale de se tenir loin des rues désormais patrouillées par les forces françaises et régionales. Selon le porte-parole présidentiel, ceux qui contreviennent à cet ordre seront punis.

Des travailleurs humanitaires sont redescendus dans la rue pour recueillir les corps gonflés demeurés dans la chaleur depuis jeudi, lorsque des combattants chrétiens connus comme les anti-balaka qui s'opposent au leader du pays se sont rassemblés dans la capitale lors d'une attaque coordonnée contre plusieurs quartiers à majorité musulmane.

Au dire d'habitants de quartiers chrétiens, des ex-rebelles du mouvement Séléka ont ensuite mené des attaques de représailles, abattant des civils qui se trouvaient tout simplement dans la mauvaise partie de la capitale.

Alors que des familles pleuraient leurs morts, d'autres ont pris la fuite par milliers vers les quelques endroits sécuritaires de Bangui — l'aéroport gardé par les troupes françaises et le centre catholique. Près de 3000 personnes s'étaient réfugiées dans ce complexe, jeudi, lorsque les combats ont éclaté, et le total avait bondi à 12 000 samedi.

«Nous n'avons pas d'eau, pas de nourriture, pas de médicaments — nous n'avons rien», a dit Pierre Claver Agbetiafan, employé par le centre.

La République centrafricaine, l'un des pays les plus pauvres de la planète, est ébranlée depuis des décennies par des coups d'État et des rébellions. En mars, l'alliance rebelle musulmane appelée Séléka a renversé le président chrétien en poste depuis une décennie. Au moment, l'idéologie religieuse n'avait eu que peu d'influence dans leur poussée militaire. Les rebelles ont rapidement installé leur chef Michel Djotodia à la tête du pays, bien qu'il ne contrôle que très peu les forces sur le terrain.

Les rebelles sont blâmés pour plusieurs atrocités depuis leur arrivée au pouvoir, comme le fait d'attacher des civils ensemble avant de les jeter de ponts pour les noyer, et de brûler des villages entiers. La colère contre les gestes de Séléka s'est transposée en agressions contre les civils musulmans, qui forment environ 15 pour cent de la population.

Un mouvement rebelle armé s'est formé en réponse aux attaques de Séléka, et celui-ci serait soutenu par d'anciens membres de l'armée nationale demeurés fidèles au président renversé François Bozizé.

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