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Quand Amnistie internationale ne soutenait pas Mandela

07/12/2013 05:38 EST | Actualisé 06/02/2014 05:12 EST

Le marathon d'écriture d'Amnistie internationale pour venir en aide aux victimes des violations des droits de la personne prend cette année une tournure particulière, avec la mort de Nelson Mandela. Si Amnistie n'avait pas soutenu le leader sud-africain lorsqu'il était en prison, l'organisme a souligné son héritage, lors de l'activité organisée samedi à Montréal.

Le Marathon d'écriture fait partie d'une campagne planétaire menée par Amnistie internationale pour souligner l'anniversaire de l'adoption de la Déclaration universelle des droits de l'homme. L'activité à Montréal permettait aux gens d'écrire un message d'encouragement à une dizaine de personnes dont les droits sont bafoués dans le monde. Parmi elles, un militant pour les droits des homosexuels emprisonnés au Bélarus, les membres de Greenpeace détenus en Russie ou des familles du Nigeria dont les maisons ont été rasées par le gouvernement et qui n'ont reçu aucune indemnisation.

« C'est un ami, c'est un modèle que l'on perd avec le décès de Nelson Mandela », dit Anne Sainte-Marie, porte-parole de la branche francophone d'Amnistie internationale au Canada. L'organisme avait certes dénoncé pendant des décennies l'apartheid, mais Amnistie internationale n'avait jamais adopté M. Mandela durant ses 27 années d'emprisonnement, en permettant aux gens de lui écrire. La politique de l'organisation a toujours dénoncé les actes de violence. Or, M. Mandela avait fondé et dirigé une branche militaire au sein de son parti politique, le Congrès national africain (ANC), dans les années 1960.

M. Mandela n'en a pas voulu à Amnistie internationale de ne pas l'avoir adopté. « Il ne nous en a pas tenu rigueur de ne pas l'avoir adopté comme prisonnier d'opinion. Et il a accepté avec beaucoup d'élégance et beaucoup de fierté, je pense, le prix d'ambassadeur de la conscience qu'on lui a remis en 2006 », explique Mme Sainte-Marie.

« Des gens qui ont subi l'emprisonnement parce qu'ils ont des idées ou permettent la liberté, il y en a beaucoup. Il faut les aider. Et il faut permettre à d'autres "Nelson Mandela" de faire leur bout de chemin dans la vie », explique Laurent Jacobs, qui est venu participer à l'événement à la Maison du développement durable, rue Sainte-Catherine.

M. Mandela avait souvent apporté son soutien à Amnistie internationale, souligne Mme Sainte-Marie. « Il comprenait l'essence du travail d'Amnistie internationale et il a encouragé les gens à continuer à militer avec des organisations de défense des droits de la personne comme la nôtre », dit-elle.

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