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La justice égyptienne relâche de jeunes filles condamnées pour avoir manifesté

07/12/2013 01:37 EST | Actualisé 06/02/2014 05:12 EST

LE CAIRE, Égypte - Les autorités égyptiennes ont libéré, samedi, un groupe de jeunes femmes et d'adolescentes islamistes condamnées pour avoir manifesté dans la rue après qu'une cour d'appel eut réduit leurs peines.

Le premier verdict, rendu à la fin de novembre, avait provoqué un tollé en Égypte et ailleurs dans le monde. Les 21 défenderesses sont restées derrière les barreaux pendant plus d'un mois.

Les 14 jeunes femmes, pour la plupart âgées au début de la vingtaine, avaient écopé au départ de 11 ans de prison alors que les 7 adolescentes devaient rester en détention jusqu'à leur majorité.

Elles avaient été arrêtées le 31 octobre lors d'une manifestation pour le retour du président déchu Mohammed Morsi à Alexandrie et avaient notamment été accusées de brutalité et d'utilisation d'armes. Cette dernière accusation découlait d'allégations selon lesquelles elles avaient lancé des roches durant le rassemblement.

L'avocat de la défense al-Shimaa Saad a révélé que les jeunes femmes avaient obtenu un sursis d'un an alors que les adolescentes avaient vu leur peine initiale être transformée en trois mois de probation.

Human Rights Watch a déclaré qu'il était flagrant que des motifs politiques se cachaient derrière ces sentences et a soutenu que le tribunal avait violé le droit des accusées à un procès juste en n'autorisant pas les témoins à témoigner en leur faveur et en fournissant peu de preuves pour étayer les accusations.

Ces peines, décrétées moins d'un mois après l'arrestation du groupe, font partie de la répression menée par le gouvernement intérimaire de l'Égypte contre les partisans de M. Morsi depuis que ce dernier a été renversé lors d'un coup d'État militaire en juillet après que des millions d'Égyptiens furent descendus dans les rues pour réclamer sa démission.

Les mesures répressives ont récemment pris de l'ampleur pour englober les militants non islamistes qui critiquent les autorités. Le gouvernement a également adopté une nouvelle loi qui impose des limites strictes aux rassemblements publics et prévoit de fortes amendes et de lourdes peines d'emprisonnement pour les contrevenants.

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