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Le président Viktor Ianoukovitch attendu en Ukraine où l'opposition réclame son départ

06/12/2013 05:21 EST | Actualisé 05/02/2014 05:12 EST
AFP

Le président ukrainien Viktor Ianoukovitch doit rentrer vendredi de Chine en Ukraine, où l'opposition prépare un nouveau grand rassemblement dimanche pour réclamer son départ après la volte-face sur l'intégration européenne au profit de la Russie.

Critiqué par l'opposition pour s'être rendu en Chine en pleine contestation, M. Ianoukovitch a annoncé vendredi avoir reporté sine die un déplacement à Malte prévu la semaine prochaine. Selon une source citée par l'agence Unian, M. Ianoukovitch devrait faire escale à Sotchi (sud de la Russie) pour y rencontrer son homologue russe Vladimir Poutine, qui a joué un rôle décisif pour dissuader l'Ukraine de signer un accord d'association avec l'Union européenne.

L'Ukraine ne sera pas vendue à la Russie

L'opposition l'a aussitôt mis en garde contre un rapprochement avec l'Union douanière d'ex-républiques soviétiques menée par Moscou.

"Les tentatives des autorités de vendre l'Ukraine à la Russie vont échouer (...). Il fera face à une vague de contestation encore plus importante", a déclaré Arseni Iatseniouk, l'un des dirigeants de l'opposition.

L'opposition, qui a reçu ces derniers jours un fort soutien des Occidentaux, appelle pour sa part à une nouvelle manifestation dimanche à 10H00 GMT sur la place de l'Indépendance, haut lieu de la Révolution orange pro-occidentale de 2004.

Plusieurs centaines de milliers de manifestants- entre 200.000 et 500.000 selon les sources - s'étaient rassemblés le 1er décembre sur cette place appelée aussi Maïdan.

Cette mobilisation avait été déclenchée par des violences policières sans précédent samedi dernier contre des manifestants à Kiev qui avaient fait des dizaines de blessés.

La place de l'Indépendance est occupée depuis par des milliers d'opposants qui y ont hérissé des barricades.

Les Etats-Unis et les Européens ont apporté jeudi un soutien de poids aux manifestants partisans de l'intégration européenne au cours d'un sommet ministériel de l'OSCE à Kiev.

Plusieurs responsables occidentaux, dont le ministre allemand des Affaires étrangères Guido Westerwelle et la secrétaire d'Etat adjointe américaine aux Affaires européennes et asiatiques Victoria Nuland, se sont rendus auprès des manifestants sur la place de l'Indépendance.

Jours critiques pour l'Ukraine

Le ministre suédois des Affaires étrangères Carl Bildt, qui se trouve à Kiev, a toutefois dit craindre vendredi de nouvelles violences contre les opposants ukrainiens après le départ des Occidentaux.

"Je crains que les forces qui veulent que l'Ukraine abandonne la voie européenne ne se gênent pas pour avoir recours à la violence", a-t-il écrit vendredi sur son compte Twitter.

Le Premier ministre Dmitri Medvedev a critiqué vendredi l'ingérence des hommes politiques occidentaux dans les affaires ukrainiennes.

"Nos partenaires viennent en Ukraine au niveau des ministres des Affaires étrangères (...) et vont au coeur de la contestation politique, participent à des actions qui sortent du cadre légal", a-t-il dit sur la télévision russe.

La veille, le chef de la diplomatie allemande, Guido Westerwelle, a dénoncé les menaces et pressions économiques "inacceptables" exercées sur l'Ukraine pour l'éloigner de l'UE, dans une allusion manifeste à la Russie.

L'Américaine Victoria Nuland avait déclaré jeudi que les Etats-Unis étaient "avec le peuple ukrainien, qui voit son avenir dans l'Europe".

Les chefs de l'opposition ont transmis à Mme Nuland une lettre pour le président Barack Obama où ils demandent de prendre des sanctions contre le régime du président ukrainien.

"répression politique"

Des premières mesures ont été prises à l'encontre de manifestants: quatorze personnes accusées de troubles le 1er décembre devant l'administration présidentielle à Kiev ont été placées en détention provisoire.

Amnesty International a lancé vendredi une campagne de soutien aux "prisonniers de Bankova" du nom de la rue où se trouve l'administration présidentielle. Le 1er décembre, des centaines de personnes ont été blessées à cet endroit, dont de nombreux policiers.

Les forces de l'ordre ont par ailleurs sommé jeudi les manifestants qui occupent la mairie de Kiev de libérer les locaux dans un délai de cinq jours, menaçant sinon de "réagir fermement".

Janez Lenarcic, directeur du Bureau des institutions démocratiques et des droits de l'homme de l'OSCE a estimé vendredi à Kiev que cette exigence des autorités était légitime.

neo/nm/mr

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