NOUVELLES

Thaïlande: un énorme rassemblement est organisé pour lundi

06/12/2013 01:27 EST | Actualisé 05/02/2014 05:12 EST

BANGKOK - Le leader des manifestations antigouvernementales secouant la capitale de la Thaïlande a reconnu, vendredi, qu'il ne disposait pas d'un soutien suffisant pour renverser la première ministre Yingluck Shinawatra et il a donc demandé à plus de membres de son camp de se joindre à un rassemblement massif, lundi, qui, selon lui, sera le coup de grâce pour le régime en place.

Suthep Thaugsuban a déclaré, dans un discours où un certain désespoir perçait, que la victoire était possible seulement s'il y avait tellement de militants que les autorités ne pourraient les ébranler.

Avec cette sortie, il mettait un terme à une trêve décrétée jeudi en l'honneur de l'anniversaire du roi.

Suthep Thaugsuban a invité ses partisans à sortir par millions, en début de semaine prochaine, pour «renverser le gouvernement».

Il est cependant peu probable qu'une telle marée humaine se masse dans les rues puisque, selon la plupart des évaluations, moins de 30 000 personnes ont pris part aux manifestations des deux dernières semaines.

La tête d'affiche des opposants a lancé que si les détracteurs du gouvernement ne se donnaient pas la peine de sortir pour la cause, ils n'auront plus qu'à se résigner et à «accepter leur défaite».

Suthep Thaugsuban, qui est un ancien vice-premier ministre, fait l'objet d'un mandat d'arrestation en lien avec le mouvement de contestation.

Il a dit qu'il se «rendrait (de lui-même) en prison» s'il n'y avait pas des millions de personnes au rassemblement de lundi.

Il a invité ses partisans à se déplacer à travers Bangkok jusqu'au bâtiment abritant le bureau de la première ministre mais il s'est abstenu de les inciter à tenter de prendre d'assaut ce complexe.

Présentement, la tension est toujours palpable dans la ville mais, malgré tout, un calme relatif règne.

Trois hommes ont tout de même été blessés tard jeudi et tôt vendredi. L'un d'entre eux a été atteint par balle à un bras au ministère des Finances qui a été assiégé.

Une vague de violence ayant coûté la vie à cinq personnes et ayant fait près de 300 blessés avait pris fin soudainement, jeudi, lorsque les deux camps ont mis de côté leurs différends pour honorer le roi Bhumibol Adulyadej qui célébrait son 86e anniversaire.

Le monarque, qui est largement respecté dans ce pays marqué par de multiples divisions sociales et politiques, a profité de sa fête pour lancer un appel à l'unité et à la stabilité.

Le vieillard visiblement affaibli n'a, néanmoins, pas fait d'allusion directe à la crise actuelle, ce qui a déçu ceux qui s'attendaient à le voir intervenir pour favoriser le rétablissement de la paix.

Vendredi, un porte-parole de la première ministre a précisé qu'elle avait renoncé à effectuer plusieurs voyages à l'étranger en décembre, incluant des passages au Myanmar, au Japon et en Russie, pour gérer la situation politique dans son pays.

Le bras de fer actuel résulte d'une longue animosité entre les partisans et les opposants de Thaksin Shinawatra, qui en plus d'être le frère d'Yingluck Shinawatra a déjà été lui aussi premier ministre.

Il avait été chassé du pouvoir par les militaires, en 2006, après avoir été accusé d'être corrompu et irrespectueux à l'égard du roi.

Thaksin Shinawatra, qui est un milliardaire jouissant d'un énorme soutien au sein de la population rurale démunie, a fui le pays pour éviter toute condamnation mais ses détracteurs lui reprochent d'avoir gardé la haute main sur la politique thaïlandaise en comptant sur sa soeur et son équipe.

PLUS:pc