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Les clients qui ne paient pas leur trajet de taxi, un fardeau pour l'industrie

06/12/2013 06:25 EST | Actualisé 05/02/2014 05:12 EST

Un accident survenu dans la nuit de jeudi à vendredi dans l'arrondissement de Charlesbourg met en lumière un fardeau accablant auquel sont confrontés les chauffeurs de taxi : les clients qui ne paient pas leur course.

Des chauffeurs de taxi ont senti le besoin de dénoncer la situation après qu'une conductrice ait été gravement blessée par un chauffard qui tentait de fuir une voiture de taxi. Celui-ci était accompagné de son ami, qui venait de refuser de payer sa course, dont le montant s'élevait à 19 $.

Abdallah Homsy, président de Taxi Coop, explique que des clients qui n'ont pas d'argent lorsque vient le temps de payer leur trajet donnent parfois en garantie leur cellulaire ou leur porte-feuille, en promettant de revenir s'acquitter de leur dette plus tard.

Or, les clients ne reviennent pas. « Ils donnent ça en garantie puis les chauffeurs apportent ça ici. Ils disent qu'ils vont revenir pour payer et ils ne reviendront jamais », déplore le président de Taxi Coop. Le phénomène est difficile à quantifier, et Abdallah Homsy affirme que de plus en plus de clients fuient pour ne pas payer.

Peu de recours pour les chauffeurs de taxi

Les chauffeurs qui se retrouvent devant des clients qui refusent de payer leur course se plaignent de ne pas avoir beaucoup de recours.

Ils reconnaissent qu'ils peuvent appeler la police lorsqu'un client se sauve sans payer, mais font remarquer que les agents arrivent sur les lieux lorsque le client est déjà loin.

S'ils se font justice eux-mêmes, les chauffeurs de taxi risquent d'avoir un casier judiciaire, ce qui entraîne automatiquement la suspension de leur permis de taxi. Conséquemment, la plupart des chauffeurs n'appellent pas la police lorsqu'ils sont confrontés à cette réalité.

Pierre Poirier, porte-parole au SPVQ, explique qu'il peut être difficile pour les policiers de partir à la recherche d'un fuyard lorsque les chauffeurs de taxi les appellent.

« Quand on arrive sur place, les gens nous signalent que la personne qui n'a pas payé sa course peut être rentrée dans un appartement. Le Code criminel ne nous permet pas de rentrer comme ça. Il faut y aller par mandat », dit-il.

Selon Abdallah Homsy, les situations comme celle qui s'est produite dans la nuit de jeudi à vendredi surviendraient moins souvent si les chauffeurs de taxi avaient le droit d'exiger de l'argent, à l'avance, de leurs clients.

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