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Décès de Nelson Mandela: les hommages affluent de partout dans le monde

06/12/2013 09:46 EST | Actualisé 05/02/2014 05:12 EST

Des chefs de gouvernement, de simples citoyens et des personnalités publiques ont tour à tour pris la parole vendredi pour saluer l'ancien président sud-africain Nelson Mandela, qui a su ouvrir la voie à la réconciliation dans son pays après avoir mis fin au régime de l'apartheid.

Les mots semblaient toutefois manquer pour décrire la grandeur du disparu, qui s'est éteint jeudi soir à l'âge de 95 ans. Les images pour témoigner de la reconnaissance à son égard se multipliaient, certains le qualifiant de «colosse», d'autres de «père de la nation» et d'autres encore de «baobab géant qui a offert son ombrage à toute la nation sud-africaine».

Les drapeaux étaient en berne aux quatre coins du monde vendredi et certains pays africains ont décrété des journées de deuil national. En Afrique du Sud, des enfants couraient dans les rues en brandissant un portrait de «Madiba», comme plusieurs le surnommaient, tandis qu'à Londres des gens patientaient dans le froid pour signer un livre de condoléances. Même la Bourse de New York a honoré sa mémoire, les courtiers ayant observé une minute de silence avant l'ouverture du marché.

À Paris, des leaders africains réunis vendredi à l'occasion d'un sommet sur le continent africain ont eux aussi débuté leurs travaux par un moment de silence.

Icône de la lutte anti-apartheid, Nelson Mandela a passé 27 ans de sa vie en prison avant de devenir le tout premier président noir de l'Afrique du Sud. Tous célébraient, vendredi, la force de cet homme qui laisse partout à travers le monde un souvenir indélébile dans les esprits.

À l'ouverture du sommet de l'Élysée pour la paix et la sécurité en Afrique, le président français, François Hollande, a déclaré avoir vu en lui en «un exemple de résistance face à l'oppression, un exemple de liberté face à l'injustice, un exemple de dignité face à l'humiliation, un exemple de clairvoyance face à l'intolérance, un exemple de pardon face aux haines, un exemple de lucidité face aux dérives du pouvoir, un exemple d'intelligence face aux épreuves.»

À Washington, la Maison-Blanche a annoncé vendredi que le président américain Barack Obama et son épouse Michelle se rendraient en Afrique du Sud la semaine prochaine pour saluer une dernière fois Nelson Mandela.

Le porte-parole Jay Carney n'a pas précisé à quel moment ils comptaient s'y rendre, mais a souligné qu'ils prendraient part à des événements commémoratifs. Le gouvernement sud-africain a déjà fait savoir que les funérailles d'État de Nelson Mandela auraient lieu le 15 décembre.

L'ex-secrétaire d'État Hillary Rodham Clinton, elle, a dit vendredi se rappeler de lui comme d'un «géant» qui a enseigné au monde comment réagir face à l'injustice et la tragédie. Mme Clinton et son mari, l'ancien président Bill Clinton, étaient des amis proches de Nelson Mandela.

L'ancien secrétaire général des Nations unies Kofi Annan a de son côté déclaré que le monde perdait un «leader visionnaire, une voix courageuse qui s'élevait pour la justice et un véritable guide moral». M. Annan et l'archevêque Desmond Tutu avaient tous deux fait partie du groupe de leaders fondé par M. Mandela, les «Elders» (aînés).

En Haïti, petite île des Caraïbes devenue la toute première république noire en 1804, le président Michel Martelly a salué sa mémoire, assurant que Madiba n'était pas que le père de la démocratie en Afrique du Sud mais bien le «symbole même de la démocratie».

«Et comme tout symbole, il n'est pas mort. Il est présent en chacun de nous et nous guide par son mode de vie, son courage et sa foi dans la vraie lutte pour l’égalité entre les hommes, les races et les nations», a-t-il déclaré.

Des leaders spirituels comme le dalaï-lama, à New Delhi, et le pape François, au Vatican, ont eux aussi joint leur voix à ce déferlement d'hommages.

Attristé par cette perte, le chef spirituel tibétain a invité la population à développer «détermination et enthousiasme» pour continuer à porter son message. Le pape argentin a quant à lui rendu hommage à son «engagement tenace pour promouvoir la dignité humaine de tous les citoyens de la nation» et à sa capacité de «forger une nouvelle Afrique du Sud, basée sur les fondations solides de la non-violence, de la réconciliation et de la vérité.»

La jeune pakistanaise Malala Yousafzai, qui lutte elle-même pour le droit à l'éducation de tous les enfants, a déclaré que Nelson Mandela avait été «son» leader.

«Nelson Mandela n'est peut-être plus physiquement avec nous, mais son âme et son esprit ne mourront jamais», a-t-elle écrit dans un communiqué.

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