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Al-Qaïda revendique un assaut contre le ministère de la Défense

06/12/2013 05:26 EST | Actualisé 05/02/2014 05:12 EST
AFP

Le réseau Al-Qaïda a revendiqué vendredi le spectaculaire assaut contre le site du ministère yéménite de la Défense qui a fait 52 morts jeudi à Sanaa, dont quatre médecins étrangers.

Dans un communiqué, Al-Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa), considéré par les Etats-Unis comme la branche la plus dangereuse du réseau extrémiste, affirme que l'objectif de l'attaque était une salle de contrôle des drones visant régulièrement ses combattants au Yémen.

Les frappes de drones, qui ont tué cette année des dizaines de combattants extrémistes, sont généralement attribuées aux Etats-Unis, les seuls à disposer de ces appareils dans la région et qui aident le Yémen à lutter contre Al-Qaïda.

Le ministère de la Défense a été "pris d'assaut après que les moujahidines ont prouvé qu'il hébergeait des salles de contrôle pour les drones, ainsi que des experts américains", a expliqué Aqpa sur Twitter.

"Ils ont porté un coup dur à l'une des salles", a ajouté le groupe, prévenant que "de tels quartiers généraux, en collaboration avec les Américains dans leur guerre contre les musulmans, (étaient) une cible justifiée".

Les assaillants ont concentré leur assaut contre l'hôpital militaire de l'immense complexe abritant le ministère, à l'entrée de la vieille ville de Sanaa.

L'attaque a été déclenchée par un kamikaze au volant d'une voiture piégée qui a forcé une entrée du ministère au volant d'une voiture piégée et a été suivi par des complices à bord d'un autre véhicule.

Deux véhicules piégés recherchés

Cinq médecins -deux Allemands, deux Vietnamiens et une Yéménite-, ainsi que trois infirmières -deux Philippines et une Indienne- figurent parmi les 52 morts, selon la commission suprême de sécurité. Les autres personnes tuées étaient des patients de l'hôpital, civils et militaires. Il y a également eu 167 blessées.

A Manille, les autorités ont fait état de sept Philippins tués parmi le personnel de l'hôpital, dont un médecin.

Le ministère yéménite de la Défense a indiqué que ses forces avaient repris le contrôle du bâtiment, occupé un temps par les assaillants. Mais des habitants de Sanaa ont dit avoir entendu des échanges de tirs et des explosions jusqu'à vendredi à l'aube.

Toutes les routes menant au ministère étaient fermées vendredi par des véhicules blindés, selon des témoins.

Des responsables de la sécurité ont estimé que les assaillants étaient entre 16 et 25, ajoutant qu'ils étaient toujours à la recherche de deux véhicules piégés à Sanaa, susceptibles de servir pour d'autres attaques.

Selon l'agence officielle Saba, 11 assaillants ont été tués. Le président Abd Rabbo Mansour Hadi a affirmé que plusieurs autres assaillants avaient été arrêtés, et qu'aucun n'avait pu fuir.

Les Etats-Unis, où le ministre yéménite de la Défense Mohammed Nasser Ahmed était en visite, ont fermement condamné l'attaque et ont recommandé à leurs citoyens "de reporter tout déplacement vers ou aux environs du Yémen".

L'Allemagne a pour sa part a réduit temporairement les effectifs de son ambassade et a demandé au personnel des organisations publiques d'aide au développement de quitter le Yémen.

L'ex-président impliqué?

Les forces yéménites sont régulièrement visées par des attaques attribuées à Al-Qaïda, qui a tiré profit de l'affaiblissement du pouvoir central après le soulèvement de 2011 contre l'ex-président Ali Abdallah Saleh, pour renforcer sa présence dans le pays.

L'émissaire de l'ONU Jamal Benomar, arrivé vendredi à Sanaa pour aider à débloquer un dialogue national destiné à doter le Yémen d'institutions pérennes, a estimé que cet attentat rendrait "les Yéménites plus déterminés à aller de l'avant".

Ce dialogue, actuellement dans l'impasse, devait déboucher avant février 2014 sur l'élaboration d'une nouvelle Constitution puis la tenue d'élections générales. Mais il se heurte à des obstacles, surtout les demandes d'autonomie des Sudistes.

Pour l'expert yéménite Saeed al-Jamhi, spécialiste des questions liées à Al-Qaïda, l'assaut témoigne "du niveau d'infiltration du réseau dans les services de sécurité et de l'armée" au Yémen.

Selon lui, l'ex-président Saleh et ses proches auraient pu fournir à "des membres d'Al-Qaïda des informations sur la logistique nécessaire" à de telles attaques et demander aux membres du personnel militaire qui lui sont acquis "de fermer l'oeil sur des informations qui pourraient aider à mettre en échec un assaut".

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