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Tiff Macklem, premier sous-gouverneur de la Banque du Canada, annonce son départ

05/12/2013 03:15 EST | Actualisé 04/02/2014 05:12 EST

OTTAWA - La Banque du Canada perd son numéro deux et, selon certains analystes, un de ses plus brillants cerveaux.

Le premier sous-gouverneur de la Banque du Canada, Tiff Macklem, a annoncé jeudi qu'il quitterait la banque centrale le 1er mai, quatre ans avant la fin de son mandat, pour devenir le doyen de l’École de gestion Rotman de l’Université de Toronto.

Sa décision n'a pas vraiment étonné le milieu. M. Macklem était largement considéré comme le favori, en juin, pour succéder à Mark Carney à la tête de l'institution, mais le ministre des Finances, Jim Flaherty, a finalement désigné Stephen Poloz — le patron d'Exportation et développement Canada — pour hériter du poste.

Tiff Macklem semblait particulièrement prêt à prendre les rênes de la banque centrale, notamment parce qu'il avait passé du temps au ministère des Finances en tant que sous-ministre délégué et avait joué le rôle de représentant du Canada auprès du G7.

Mais comme il l'avait déjà fait pour combler d'autres postes à la banque centrale, le ministre Flaherty a recruté à l'extérieur des rangs de l'institution et a mentionné l'expérience de M. Poloz dans le secteur privé comme un facteur décisif dans sa décision. En comparaison, M. Macklem a passé toute sa carrière soit au ministère des Finances ou à la banque centrale.

Malgré tout, Tiff Macklem était considéré par les analystes comme un économiste de premier rang et un cerveau innovateur.

«Tiff était peut-être la voix la plus imposante à la banque au sujet des défis qui entourent la productivité du Canada et il a été un des premiers à ouvrir le débat sur la faiblesse des dépenses des entreprises», a noté l'économiste en chef de la Banque de Montréal, Doug Porter, qui a étudié l'économie avec M. Macklem à l'université Western Ontario.

Malgré tout, son départ n'est pas une surprise, a poursuivi M. Porter.

M. Macklem est le troisième sous-gouverneur de suite à abandonner son poste à la banque centrale peu de temps avoir été écarté pour une promotion.

Dans un communiqué émis par la Banque du Canada, M. Macklem ne souffle pas mot de son ambition déçue.

«La banque va beaucoup me manquer, y déclare-t-il. Je suis extrêmement fier du travail que nous avons accompli pour favoriser le bien-être économique et financier des Canadiens, et j’ai la conviction que la banque, par ses recherches et son processus de formulation des politiques de premier ordre, continuera de protéger et de renforcer l’économie du pays.»

Dans un entretien avec La Presse Canadienne le mois dernier, M. Poloz avait qualifié M. Macklem d'«ami» — il avait recruté M. Macklem pour la banque centrale en 1984 — et dit qu'ils étaient à l'aise à l'idée de travailler ensemble.

«Nous sommes restés amis, avait-il dit. Je ne vais pas nier qu'au début, il y avait un peu de 'oh, ceci s'est produit'. Nous travaillons bien ensemble et je sais que Tiff est quelqu'un sur qui je peux compter et à qui je peux complètement faire confiance, et je le considère toujours comme un ami.»

Des responsables de la banque ont indiqué que M. Macklem n'était pas disponible pour un entretien jeudi. Il entamera le 1er juillet un mandat de cinq ans à son poste à l’École de gestion Rotman.

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