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TC Media achète les 74 journaux hebdomadaires de Sun Media au Québec

05/12/2013 11:19 EST | Actualisé 04/02/2014 05:12 EST

MONTRÉAL - La guerre dans le secteur québécois de la presse écrite régionale a pris fin jeudi lorsque Québecor (TSX:QBR.B) a annoncé la vente de ses 74 journaux hebdomadaires de sa filiale Sun Media à TC Transcontinental (TSX:TCL.A), qui pourrait avoir un quasi-monopole dans ce secteur.

La transaction de 75 millions $ a été approuvée par les conseils d'administration des deux entreprises, mais Sun Media continuera à exploiter ces publications jusqu'à ce le Bureau de la concurrence donne son aval à la vente.

Même si elle se départit de ses journaux hebdomadaires, Québecor, société-mère de Sun Media, conserve ses quotidiens dans la province, soit le Journal de Montréal, le Journal de Québec et le 24 Heures.

Il s'agit cependant d'un changement majeur de stratégie pour Québecor, qui avait acheté et mis sur pied diverses publications afin de concurrencer TC Transcontinental au cours des dernières années.

L'annonce de cette transaction survient au lendemain de la décision de Sun Media de mettre à pied 200 autres employés à travers ses filiales, dont 50 journalistes travaillant à l'extérieur du Québec.

Selon le président et chef de la direction de Québecor, Robert Dépatie, le marché de la presse écrite locale a passablement été transformé au cours des dernières années par la révolution numérique.

«Les publicitaires peuvent maintenant annoncer sur une multitude de plateformes qui n'existaient même pas il y a un peu plus d'une décennie, a-t-il souligné, par voie de communiqué. La presse écrite a un avenir, (mais elle ne peut) ignorer la nouvelle réalité du marché.»

Le vice-président aux affaires publiques de Québecor, Martin Tremblay, a ajouté que malgré la transaction, l'entreprise allait être en mesure de conserver une présence accrue dans les régions de la province.

«Il ne faut pas oublier que le groupe TVA possède plusieurs stations régionales, a-t-il dit, en entrevue. Nous demeurons présents dans les grands centres à l'extérieur de Québec et Montréal.»

De son côté, le président et chef de la direction de TC Transcontinental, François Olivier, a indiqué que la transaction s'inscrivait dans la stratégie de l'entreprise, qui possède actuellement 76 hebdomadaires régionaux.

«Il y a encore un avenir (dans le papier), a-t-il dit en entrevue. Le marché local représente plus de 50 pour cent de notre secteur des médias. Nous allons probablement aller de plus en plus vers un contenu unique pour s'éloigner de la nouvelle nationale.»

Selon M. Olivier, cette transaction, lorsqu'elle sera approuvée, fera en sorte que quelque 600 nouveaux collaborateurs se grefferont aux 1000 employés qui oeuvrent pour Transcontinental dans les marchés locaux de la province.

Selon lui, cette acquisition de Transcontinental ne signifie pas nécessairement la fin de certaines publications dans des marchés locaux où coexistent déjà des hebdomadaires régionaux.

«On va se donner le temps de faire une étude marché par marché, a expliqué M. Olivier. Ce n'est pas une affaire nationale. C'est de faire ce qui est bon pour chaque communauté.»

Si certaines publications devaient être fusionnées, cela pourrait même faire en sorte d'augmenter le nombre de pages de certains hebdomadaires, selon M. Olivier.

«Oui il y a des dédoublements, mais s'il y a deux journaux qui publient 24 pages dans un même marché, on pourrait en faire un seul de 48 pages qui pourrait libérer de l'espace pour du contenu, a-t-il illustré. Nous pensons qu'il y a un appétit grandissant au Québec pour des nouvelles locales.»

Le président et chef de la direction de TC Transcontinental ne croit pas que le Bureau de la concurrence va s'opposer à la transaction, même si la validation pourrait prendre un certain temps.

«Nous avons déjà de la concurrence sur le papier et sur le Web, a dit M. Olivier. Ça pourrait prendre un bout à évaluer parce que nous devons présenter la transaction marché par marché.»

Le dirigeant de Transcontinental a également indiqué que les imprimeries de l'entreprise seront en mesure de répondre à la charge supplémentaire des hebdomadaires régionaux nouvellement acquis.

Selon l'analyste Haran Posner, de RBC Marchés des capitaux, cette acquisition des publications de Sun Media devrait «mettre fin au climat très concurrentiel qui a récemment prévalu dans ce secteur des médias du Québec».

Par ailleurs, dans le cadre de cette transaction, TC Transcontinental a également conclu une entente parallèle d'une durée de cinq ans avec Québecor Média visant à imprimer certains de ses magazines et documents de marketing direct.

Ainsi, le ou vers le 1er février 2014, TC Imprimeries Transcontinental commencera à imprimer des produits de Québecor Média.

En marge de cette annonce, Transcontinental a dévoilé ses résultats du quatrième trimestre qui se sont traduits par une perte nette de 92,2 millions $, soit quasiment deux fois plus grosse que celle de 51,9 millions $ de l'an dernier.

En excluant les éléments non récurrents, Transcontinental a réalisé un bénéfice de 58,2 millions $, en baisse de six pour cent par rapport à celui de 61,9 millions $ de l'an dernier. Le bénéfice ajusté du trimestre clos le 31 octobre a reculé de 2 cents par action à 75 cents, ce qui a surpassé la moyenne des attentes des analystes par 1 cent.

Pour l'ensemble de l'exercice, Transcontinental a subi une perte de 14,5 millions $, soit 19 cents par action, comparativement à une perte de 183,3 millions $, ou 2,27 $ par action, l'année précédente.

Malgré l'annonce de la transaction, le titre de Transcontinental a reculé de 59 cents, ou 3,57 pour cent, pour clôturer à 15,93 $ à la Bourse de Toronto. Celui de Québecor a terminé la séance en recul d'un cent, ou 0,04 pour cent, à 26,97 $.

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