DIVERTISSEMENT
05/12/2013 09:56 EST | Actualisé 04/02/2014 05:12 EST

«Party de bureau» : pour le meilleur et pour le pire (VIDÉO)

C'est à une bien drôle de fête de Noël que nous convie la boîte Tandem et le metteur en scène Simon Boudreault avec la pièce de théâtre musicale Party de bureau, dont la première montréalaise avait lieu mercredi soir, au Théâtre Corona Virgin Mobile.

Écrite par Michel Duchesne, un as de la Ligue nationale d'improvisation (LNI), la comédie vogue de l'absurde au burlesque, s'égare souvent de son histoire centrale, présente des personnages caricaturaux et s'étire par moments inutilement, mais est habilement jouée par une irréprochable brochette d'acteurs-chanteurs-danseurs et distille ici et là de belles trouvailles humoristiques. Au final, le résultat est parfois réussi, parfois non.

Party de bureau nous transporte dans une compagnie d'assurances, dans un contexte de récession, au milieu des années 80. Alors que les réjouissances du temps des Fêtes approchent à grands pas, les employés de l'entreprise ont vent que la boîte pourrait être vendue à des Torontois, qui seront présents à leur party de Noël. Tous unissent alors leurs forces et mettent le paquet pour bloquer la transaction et sauver leurs emplois.

Les cinq comédiens principaux, Roger Léger, Tammy Verge, Brigitte Lafleur, David-Alexandre Després et Rémi-Pierre Paquin interprètent tous deux protagonistes chacun, tandis que Sophie Caron incarne la colorée Ginette. Avec eux sur les planches, le musicien Éric Desranleau se charge de l'ambiance musicale, car plusieurs segments sont chantés et dansés, dans une belle énergie et au moyen de chorégraphies fort soignées, doit-on préciser.

Sympa, mais inégal

L'aspect le plus intéressant de Party de bureau réside certainement dans l'époque où est campée son intrigue. Puisqu'on est en 1984, on entonne Fa la la, de Bundock, La p'tite grenouille, d'André Guitar, D'amour ou d'amitié, de Céline Dion, Sunglasses At Night, de Corey Hart et Quand on est en amour, de Patrick Norman (dans un comique pastiche des Parapluies de Cherbourg et de Chantons sous la pluie), des succès que le public ne peut s'empêcher de fredonner avec entrain. Aussi, on se réjouit de l'invention des post-it et on se débrouille comme on peut avec l'avènement des premiers ordinateurs et leurs écrans «catholiques» (cathodiques).

Les hommes se démènent dans des habits ternes, les dames dans des imprimés fleuris, entre des murs aux couleurs pastel. Cette amusante suite de clins d'œil se prolonge tout au long du spectacle et décroche plusieurs sourires. On a même droit, avant la lever du rideau, à un montage vidéo de séquences puisées dans les archives de la décennie 80 : des extraits de La guerre des tuques et d'Épopée rock, un clip de Boy George, un bulletin de nouvelles mené par Bernard Derome, etc. Très sympathique.

On doit en outre adresser des félicitations senties aux acteurs, qui portent à bout de bras ce collage inégal et manient avec aisance ses différents degrés d'humour, tout en excellant dans les numéros musicaux.

Par contre, ces jolis éléments ne font pas de Party de bureau un incontournable de l'année qui s'achève. Plusieurs scènes en périphérie de l'intrigue principale trainent en longueur et nous font perdre le fil. On en vient parfois à s'interroger sur le pourquoi de ces saynètes et leur rapport avec le reste de la trame de fond. Les amateurs de théâtre linéaire risquent d'être déçus.

Le caractère très stéréotypé des personnages a aussi de quoi faire tiquer. Énumérez les clichés de tout bon party de bureau, ils y sont tous : la maniaque de contrôle qui prend toutes les opérations en main, l'immigrant qui déforme la langue, la névrosée enrobée, désespérée et toujours malade, le patron grossier, le «mon oncle» qui rate ses blagues, l'étrangère qui s'exprime comme Cintia d'Occupation double en Espagne...

Enfin, on se serait passé de certaines répliques volant au ras des pâquerettes («À quoi ça sert, un party de bureau, si on peut même pas fourrer?», «Je pense que je me suis cassé le pubis!»)

Donc, est-ce qu'on se procure un billet pour voir Party de bureau? Oui, si on affectionne les têtes d'affiche de la pièce, si on est nostalgique à outrance des années 80 et si on veut vivre une expérience culturelle différente, mais qui ne repousse aucune limite. Non, si on n'aime pas avoir l'impression d'assister à une fête où tout le monde semble avoir beaucoup de plaisir, sans en comprendre la raison. Autrement dit, on embarque à pieds joints dans cette folie parfois incompréhensible, ou on demeure stoïque devant elle.

Party de bureau tient l'affiche du Théâtre Corona Virgin Mobile jusqu'au 17 décembre, puis se transportera au Grand Théâtre de Québec du 19 au 21. Pour informations : www.tandem.mu

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