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L'ONU autorise une intervention en Centrafrique après de violents combats

05/12/2013 04:35 EST | Actualisé 03/02/2014 05:12 EST

BANGUI, République centrafricaine - Le Conseil de sécurité des Nations unies a autorisé, jeudi, le déploiement d'une force d'intervention en République centrafricaine pour empêcher un bain de sang entre chrétiens et musulmans, tandis que de violents affrontements ont fait près d'une centaine de morts dans la capitale du pays, Bangui.

Des témoins et des organisations humanitaires ont affirmé qu'au moins 98 personnes avaient été tuées jeudi dans la capitale, après une journée de violences entre les combattants musulmans qui dirigent le pays et une milice chrétienne qui s'oppose à leur domination.

Tard jeudi soir, un journaliste de l'Associated Press a compté 48 corps dans une mosquée du nord de la ville. L'organisation humanitaire Médecins sans frontières a de son côté rapporté avoir reçu au moins 50 corps dans les hôpitaux qu'elle gère en Centrafrique.

Les miliciens chrétiens ont lancé une attaque dans la capitale avant l'aube, dans ce qui représente les plus graves violences à frapper Bangui depuis le coup d'État du mois de mars, qui a porté la coalition rebelle Seleka au pouvoir. Depuis, les ex-rebelles sont accusés d'avoir commis de nombreuses violations des droits de la personne. La milice chrétienne qui soutient le président renversé est quant à elle accusée d'avoir commis des massacres contre les communautés musulmanes.

À Bangui, les résidents se sont barricadés chez eux, et certains ont trouvé refuge dans une église. Dans un hôpital de la capitale, des dizaines de personnes blessées par balle étaient allongées au sol ou sur des bancs en bois, attendant pendant des heures avant de voir un médecin.

Le chaos a été tel que même les résidences du président et du premier ministre ont été pillées durant l'assaut.

Le Conseil de sécurité de l'ONU a autorisé à l'unanimité une opération militaire renforcée de la France et des troupes de l'Union africaine, qui vise à rétablir la sécurité et à protéger les civils dans cette ancienne colonie française très instable. La mission durera un an.

Au palais de l'Élysée à Paris, le président français, François Hollande, a promis que le nombre de soldats français déployés en Centrafrique, qui est actuellement de 600, serait doublé «dans quelques jours, voire quelques heures». Il a affirmé que les Centrafricains appelaient la France à l'aide et qu'il avait décidé d'agir «immédiatement».

Le premier ministre centrafricain a salué l'intervention française, alors qu'il se trouvait à Paris pour un sommet des dirigeants africains présidé par M. Hollande. Nicolas Tiangaye a déclaré à l'Associated Press qu'il voyait la décision «très positivement» et qu'il avait souhaité «une réaction ferme de la France». Il a appelé à une action rapide «pour mettre un terme à la violence et aux atrocités».

M. Tiangaye a confirmé que sa résidence avait été pillée. «Oui, c'est vrai, ma maison a été attaqué et pillée», a-t-il dit, en précisant que ses proches avaient été évacués avant l'attaque et qu'ils étaient maintenant en sécurité.

Quelques heures après le début de l'assaut, le président centrafricain Michel Djotodia, qui a été installé au pouvoir par la Seleka plus tôt cette année, a déclaré que les combats avaient cessé. Dans l'après-midi, les rues de Bangui étaient désertes et on n'y voyait que des véhicules militaires et les camionnettes tout-terrain prisées par les combattants de la Seleka.

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