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Le roi thaïlandais appelle à la stabilité sur fond de crise politique

05/12/2013 11:01 EST | Actualisé 04/02/2014 05:12 EST

BANGKOK - Le bien-aimé roi thaïlandais Bhumibol Adulyadej a profité de son 86e anniversaire, jeudi, pour lancer un appel à l'unité nationale et à la stabilité, mais n'a pas offert d'autres conseils pour aider son pays à se sortir de la crise politique qui le secoue depuis plusieurs jours.

Plusieurs espéraient que le roi utiliserait son discours annuel, comme il l'a déjà fait dans le passé, pour aider à résoudre un conflit qui a mené à des affrontements violents dans les rues, alors que des foules de manifestants cherchent à chasser le gouvernement de la première ministre Yingluck Shinawatra.

Les manifestants et le gouvernement avaient convenu d'une trêve en guise de respect envers le souverain. La violence a fait au moins cinq morts et 277 blessés au cours de la dernière semaine. Le leader des manifestants, Suthep Thaugsuban, a prévenu que la trêve prendra fin vendredi.

Plusieurs spectacteurs ont pleuré en voyant le roi, visiblement affaibli et malade, livrer d'une voix faible un court discours ponctué de nombreuses pauses.

«Notre pays connaît depuis longtemps la joie parce que nous nous sommes associés pour accomplir notre devoir et travailler ensemble pour le bien du pays, a dit le roi. Tous les Thaïlandais devraient avoir cela à l'esprit et se concentrer sur leur devoir (...) assurer la sécurité et la stabilité du pays.»

La faiblesse évidente du roi a relancé les préoccupations concernant sa santé. Certains se demandent aussi s'il est assez fort, physiquement, pour contribuer à la réconciliation du pays.

En tant que monarque constitutionnel, le roi Bhumibol ne dispose d'aucun rôle politique, mais aucun autre personnage ne jouit d'une autorité morale aussi puissante. Il est intervenu, dans le passé, lors de situations où le pays semblait sur le point d'exploser.

Ceux qui ont assisté au discours du roi — la première ministre, des membres du gouvernement, le leader de l'opposition et d'autres dirigeants — ont paru inquiets et troublés.

«Je pense que ces gens sont très inquiets, très inquiets pour le roi, très inquiets pour le pays», a dit l'historien thaïlandais Charnvit Kasetsiri.

La crise actuelle découle d'années d'hostilité entre les partisans et adversaires du frère de la première ministe, Thasksin Shinawatra, qui a été chassé du pouvoir par l'armée en 2006 et qui vit actuellement en exil pour échapper à une peine de prison pour corruption. Ses détracteurs affirment qu'il contrôle toujours l'appareil politique thaïlandais.

Les partis en présence tireront probablement leurs propres conclusions des propos du roi.

«C'est plutôt neutre», a dit M. Charnvit.

Le politologue australien Kevin Hewison est du même avis, estimant que «chaque côté prétendra probablement que le message doit être entendu par l'autre partie».

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