NOUVELLES

La FIQ prend position en faveur de la charte mais défendra des membres congédiés

05/12/2013 03:51 EST | Actualisé 04/02/2014 05:12 EST

MONTRÉAL - Le plus important syndicat d'infirmières au Québec, la FIQ, se prononce en faveur de la charte québécoise de la laïcité mais promet du même souffle de défendre tout membre qui serait congédié pour avoir porté un signe religieux ostentatoire.

Les délégués de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), l'ancienne Fédération des infirmières du Québec, ont pris cette position lors de leur conseil fédéral, jeudi, à Laval, sur la base d'un sondage auprès des membres faisant état d'un appui de 60 pour cent des répondants en faveur de la charte et de 60 pour cent également en faveur de l'interdiction du port de signes religieux ostentatoires par les employés de l'État.

Interrogée à savoir si le syndicat défendrait une de ses membres qui serait congédiée pour avoir porté un hijab, par exemple, la présidente de la FIQ, Régine Laurent, a été claire: «Sans aucun doute. Nous avons pris une décision par rapport à des orientations, une décision collective. Déjà, il y a des choses que collectivement on désapprouve, mais quand nos membre dérogent ou qu'elles sont dans l'illégalité, on les accompagne, on les défend.»

Mme Laurent a cherché à illustrer cette position avec un exemple pour le moins étonnant.

«Collectivement, nous condamnons sévèrement des professionnels en soins qui volent des narcotiques au lieu de les donner au patient qui est en souffrance. Mais quand elles subissent des conséquences de la part de l'employeur, je leur fournis quand même un procureur pour les accompagner, pour s'assurer que leurs droits sont respectés. Peu importe la personne dans la société et peu importe la loi, tout le monde a le droit d'être défendu et d'être entendu», a fait valoir la syndicaliste.

Mme Laurent n'a cependant pas voulu préciser si la FIQ contesterait la légalité du congédiement d'une personne portant un signe religieux ostentatoire.

«Je ne sais pas sur quoi on va les défendre. La loi n'est pas adoptée encore. Comment est-ce que les gestionnaires du réseau vont l'appliquer? Ce n'est pas moi qui vais appliquer la loi, ce sont les gestionnaires qui vont l'appliquer. Est-ce qu'il y aura une gradation dans la façon d'appliquer la loi? C'est tout ça qu'on devra prendre en considération mais, ce qui est clair c'est que oui, s'il y a des membres individuellement qui subissent des conséquences on va les défendre et on va les accompagner.»

Le sondage indique par ailleurs que 76 pour cent des répondants estiment nécessaire de baliser et d'encadrer les demandes d'accommodement pour motifs religieux. Contrairement aux affirmations de l'Association québécoise d'établissements de santé et de services sociaux, qui disait n'avoir aucun problème significatif avec les demandes d'accommodements, 55 pour cent des répondants au sondage de la FIQ ont dit recevoir des demandes d'accommodements pour motifs religieux de la part des patients.

Sur la question des signes religieux, Régine Laurent a affirmé qu'un résultat de 60 pour cent de répondants en faveur de l'interdiction du port de signes religieux visibles pour tous les salariés de la fonction publique dissipe toute ambiguïté sur la légitimité de la prise de position de la délégation.

«Peu importe le débat dans lequel on est, une majorité c'est une majorité», a-t-elle fait valoir.

La Fédération, qui représente 62 000 membres, dont la grande majorité des professionnelles en soins infirmiers, prévoit déposer un mémoire devant la commission parlementaire sur le projet de loi 60.

Le sondage a été mené entre le 23 octobre et le 6 novembre auprès de 647 membres de la FIQ dans une proportion représentative de la composition du syndicat. Sa marge d'erreur est de plus ou moins 3,8 pour cent.

PLUS:pc