DIVERTISSEMENT
05/12/2013 07:54 EST | Actualisé 04/02/2014 05:12 EST

«Insurgence», le printemps érable comme si vous y étiez (PHOTOS/VIDÉO)

Les images des manifestations défilent comme les témoins irréductibles des événements historiques du printemps dernier. Aucune voix off ne viendra d'ailleurs distraire le spectateur puisque Insurgence se veut d'abord un documentaire brut qui peut donc se passer de narration. Car tout est déjà là : la forte mobilisation étudiante, la grogne qui gronde et un vent de révolution qui traverse le Québec.

Derrière cette œuvre nécessaire et passionnante, un regroupement anonyme de cinéastes. Ils se font appeler Épopée. C'est eux qui ont tout filmé, caméra à l'épaule. Ils n'ont pas de porte-parole. À l'image de leur travail, ils tiennent à s'exprimer à titre collectif. Ils ont quand même accepté de répondre via le web aux questions du Huffington Post Québec.

Comment s'est passée la réalisation du documentaire? Est-ce que cette œuvre représente l'assemblage de plusieurs films? Combien de personnes étaient impliquées dans ce projet?

Le documentaire est un seul film, tourné dans les rues de Montréal entre février et août 2012, la plupart du temps avec une seule caméra. Certains jours, des amis se sont joints à nous. Le montage a été fait collectivement à partir de juin 2012.

Où le collectif se situait-il durant les événements? Était-il témoin ou participant?

La décision de demeurer au cœur des groupes spontanés s'est imposée par la force de la grève. À partir du moment où on accepte d'être dans la rue avec les manifestants, la question ne se pose plus, on participe au même mouvement. Ensuite, c'est une question de niveau d'intensité: la plupart du temps, lorsqu'on filme, on court d'une situation à l'autre. On doit également demeurer aux aguets pour ne pas se faire casser la figure et protéger le matériel.

Quel était l'objectif principal de la captation d'image?

Rendre compte des flux d'énergie exceptionnels qui ont animé les étudiants et les militants dans ce mouvement politique exemplaire.

Pourquoi sans narration?

La question de la narration, que nous nous sommes posée dès le début du tournage, a été résolue en visionnant l'assemblage final : les images parlaient d'elles-mêmes, tout discours aurait été appropriation du mouvement. Rappelons-le: la force de la grève a été la multitude de groupes qui y ont participé. Certains ont tenté de réduire le mouvement à quelques têtes d'affiche alors que, selon nous, chaque corps dans la rue a sa propre voix.

Qu'est-ce que le collectif voudrait que l'on retienne principalement d'Insurgence?

Le courage et la force de résistance des manifestants. Et une autre phrase de Genet, qui n'est pas dans le film, celle-là : «Je n'aime pas les opprimés. J'aime ceux que j'aime, qui sont toujours beaux et quelquefois opprimés, mais debout dans la révolte.»

Aucun porte-parole? Qui répond à nos questions?

Comme pour nos images, plusieurs voix se sont mêlées pour répondre à ces questions. Tout simplement.

Le documentaire Insurgence est présenté le 6, 7, 8 décembre à 19h à la salle J.A. de Sève de l'Université Concordia.

«Insurgence», le printemps érable comme si vous y étiez