NOUVELLES

Une nouvelle recherche du CUSM met en évidence l'importance des pères

04/12/2013 09:27 EST | Actualisé 03/02/2014 05:12 EST

MONTRÉAL - L'absence du père pendant des périodes de croissance critiques entraîne une altération des aptitudes sociales et comportementales chez les adultes, affirme une nouvelle étude de l'Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill (IR-CUSM).

Cette étude, qui a été réalisée chez des souris, serait la première à associer l'absence du père à des caractéristiques sociales et à les corréler à des modifications physiques du cerveau.

L'auteure principale de l'étude, la docteure Gabriella Gobbi, et ses collègues ont comparé le comportement social et l'anatomie cérébrale de souris élevées avec leurs deux parents à ceux de souris élevées seulement par leur mère.

Les souris élevées sans père avaient des interactions sociales anormales et étaient plus agressives que leurs homologues élevés avec leurs deux parents.

Ces traits de comportement étaient plus importants chez les souriceaux femelles que chez leurs frères. Les femelles élevées sans père étaient également plus sensibles à l'amphétamine, un médicament stimulant.

Chez les bébés privés de père, l'équipe de recherche a aussi repéré des anomalies dans le cortex préfontal de la souris – une partie du cerveau qui contribue à contrôler l'activité sociale et cognitive. Ces anomalies étaient corrélées avec les modifications de leur comportement.

«Les déficits comportementaux observés sont en accord avec les études menées sur des enfants élevés sans leur père, a précisé la docteure Gobbi. Il a été démontré que ces enfants sont plus à risque d'adopter un comportement déviant et d'abuser de substances psychoactives. (...) C'est la première fois que des résultats de recherche démontrent l'influence de l'absence du père sur la neurologie de la descendance pendant le développement. Ces résultats devraient inciter les chercheurs à se pencher plus en profondeur sur le rôle des pères pendant des étapes cruciales de la croissance et à chercher à faire comprendre que les deux parents sont importants pour le développement de la santé mentale de l'enfant.»

Les chercheurs ont utilisé des souris de Californie, une espèce monogame chez laquelle les deux parents participent au soin de leurs petits.

L'étude a été publiée dans la revue Cerebral Cortex.

PLUS:pc