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Transaction Fortier-Guay: la Commission tente de suivre la trace de l'argent

04/12/2013 05:21 EST | Actualisé 03/02/2014 05:12 EST

MONTRÉAL - La Commission Charbonneau a commencé un fastidieux exercice, mercredi, pour suivre la trace de l'argent à la suite de la vente de Fortier Transfert à Grues Guay, en 2004.

Par l'intermédiaire de deux témoins, le procureur de la commission, Me Paul Crépeau, a tenté de jeter un peu de lumière sur cette transaction complexe. Les comptes à recevoir de Fortier n'avaient alors pas été transférés à Guay; ils ont été récupérés par un tiers, Denis Vincent, par sa société DV Capital.

Devant la commission, Denis Vincent a été identifié comme une relation de certains Hells Angels.

Ainsi, Raymonde Lefebvre, qui était secrétaire chez Fortier Transfert lors de la transaction, a admis qu'une somme de 200 000 $ en argent comptant lui était brièvement passée entre les mains. Mais elle ne s'est souvenue que d'une fois où elle a ainsi vu de l'argent comptant plutôt que des chèques.

Elle a expliqué que son patron, Louis-Pierre Lafortune, l'avait prévenue que quelqu'un viendrait lui remettre deux enveloppes. L'homme en question, qu'elle a affirmé ne pas connaître, lui a demandé un reçu pour certifier qu'elle avait reçu 200 000 $.

«J'ai regardé dans les enveloppes, c'était vraiment de l'argent. Ça fait que j'ai signé son papier. J'ai mis les enveloppes dans mon tiroir et monsieur Lafortune est revenu les chercher dans la journée», a-t-elle résumé. Elle n'en savait pas plus.

Avant l'achat de Fortier Transfert par Grues Guay, c'est elle qui recevait les chèques des clients et faisait les «entrées comptables». Mais après la transaction, elle se limitait à faire la liste des chèques et à remettre le tout à son patron Louis-Pierre Lafortune.

L'autre témoin, Guy Desrosiers, analyste-enquêteur à la commission, a fait un exposé complexe qui illustrait pour l'essentiel que les chèques légitimes des clients de Fortier pour payer les comptes à recevoir passaient par un compte au nom de «Trading Over the World» pour aboutir entre les mains de DV Capital, de Denis Vincent.

«Ce qui complique un petit peu et qui fait la beauté de toute l'histoire, c'est qu'on a des chèques faits à des compagnies de grues du groupe Fortier, qui sont déposés dans le compte de DV Capital et l'argent est remis à Trading Over the World», a résumé le témoin.

«Pourquoi on a ces 2,8 millions $, qui sont des chèques faits par des fournisseurs légitimes à des filiales du Groupe Fortier, qui passent à travers le compte Trading Over the World pour aboutir dans les mains de DV Capital, qui dit "je remets l'argent comptant à Trading Over the World, moins deux pour cent"?» lui a demandé le procureur de la commission, Me Paul Crépeau.

La commission n'a pas encore éclairci cet aspect, pourquoi le transfert de cet argent subissait autant d'étapes et, surtout, à quoi cela servait. D'autres témoins viendront vraisemblablement éclaircir ce mystère.

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