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Livraison par drones : un coup publicitaire d'Amazon

04/12/2013 06:01 EST | Actualisé 03/02/2014 05:12 EST

L'annonce par le PDG d'Amazon Jeff Bezos du projet de livraison de paquets par des mini-drones n'a guère de chance de se concrétiser durant cette décennie, à la fois pour des raisons techniques et pour des raisons légales.

De l'aveu même du PDG, la technologie qui permettrait à ces petits engins automatiques d'acheminer par les airs des paquets à des adresses préprogrammées n'en est qu'aux premiers stades de sa mise au point, et il est peu probable que les États-Unis mettent au point des règles autorisant ce type d'engins avant 2015, au plus tôt.

Qui plus est, un tel projet se heurte à des inquiétudes concernant la vie privée des personnes et certains disent n'y voir qu'un coup de publicité.

« Une idée absolument idiote »

« C'est une idée si absolument idiote que je suppose qu'ils en ont parlé au second degré », dit Richard Aboulafia, expert de l'industrie aérospatiale et analyste au sein du groupe Teal.

« Je sais que cela ressemble à de la science-fiction, mais ça n'en est pas », a pourtant affirmé Jeff Bezos à la chaîne américaine CBS dimanche soir, en diffusant une vidéo où l'on voit un mini-drone déposant délicatement un petit paquet devant chez un client.

Surnommés « Prime Air » par Amazon, les engins pourraient être utilisés pour livrer des paquets allant jusqu'à 2,3 kg, en moins d'une demi-heure, dans un rayon de 16 km autour d'un centre de distribution d'Amazon, a expliqué le PDG.

« C'est pour dans plusieurs années encore [...]. Je ne veux pas que l'on pense que c'est pour bientôt », a ensuite tempéré Jeff Bezos, reconnaissant qu'il faudra encore des années de travail avant que la technologie ne soit au point. 

Le PDG d'Amazon s'est cependant montré optimiste quant aux chances de réaliser un jour ce projet. « Est-ce que cela pourrait se faire dans quatre ou cinq ans? Je le pense. Cela se fera et ce sera très amusant. »

Un ciel à réglementer

L'idée de faire livrer par des véhicules automatiques n'est pas totalement nouvelle. En octobre, le site web de technologie The Verge rapportait que la société australienne de location de manuels scolaires Zooka projetait de se servir de drones pour envoyer des livres à travers l'Australie dès l'année prochaine.

Cette compagnie et celle de Jeff Bezos devront cependant affronter les défis du réel.

En Grande-Bretagne, l'Institution of Engineering and Technology (IET) a averti que la technologie des mini-drones devrait être encore améliorée.

« Il y a de nombreux problèmes à surmonter », soutient Lambert Dopping-Hepenstal, de l'IET, qui préconise une utilisation plus large des drones dans le monde. « Avant tout, il faut maîtriser les technologies et prouver aux instances de régulation que les drones peuvent opérer en toute sécurité dans notre espace aérien. »

Les autorités américaines reconnaissent qu'il existe un champ d'application commercial pour les drones, mais ne semblent pas pressées d'en fixer les règles. L'administration de l'aviation civile américaine (FAA) autorise seulement, à l'heure actuelle, l'utilisation de drones par des entités publiques, au cas par cas.

« Dans les années à venir, la FAA va édicter des réglementations et des normes pour prendre en compte de manière sûre les engins sans pilote, afin de satisfaire la hausse de la demande en la matière", a déclaré la FAA, lundi, par communiqué.

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