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Le lien entre les commotions cérébrales et l'ETC est mis en doute

04/12/2013 02:07 EST | Actualisé 03/02/2014 05:12 EST

MONTRÉAL - Le lien entre les commotions cérébrales qui accompagnent des sports comme le football et l'encéphalopathie traumatique chronique (ETC) n'est peut-être pas aussi évident qu'on pourrait le croire, affirment des chercheurs américains.

L'ETC causerait des problèmes de comportement comme l'irritabilité, la colère et la dépression et des troubles cognitifs touchant notamment l'apprentissage et la mémoire. L'ETC a été associée aux commotions cérébrales et est caractérisée par l'accumulation de substances anormales dans le cerveau.

Les chercheurs Christopher Randolph et Stella Karantzoulis, de la Faculté de médecine de l'université Loyola, dans l'Illinois, préviennent toutefois que le lien entre les deux problèmes n'est pas solidement documenté.

Jusqu'à présent, disent-ils, les cas d'ETC ont été diagnostiqués à partir des cerveaux d'anciens joueurs donnés par des proches inquiets des symptômes qu'ils présentaient. Un tel échantillon «sélectif» peut influencer les résultats et n'est pas nécessairement représentatif de tous les anciens joueurs.

De plus, poursuivent les chercheurs, la plus importante étude épidémiologique réalisée auprès d'anciens joueurs de la NFL, et qui incluait 3439 participants, a décelé des taux de suicide nettement inférieurs à ceux de la population générale, ce qui est difficilement réconciliable avec les symptômes associés à l'ETC.

Deux études réalisées précédemment ont découvert que les anciens joueurs de la NFL qui souffraient de troubles cognitifs légers, un problème précurseur à la maladie d'Alzheimer, présentaient des symptômes essentiellement identiques à ceux de gens ordinaires souffrant des mêmes troubles. Les chercheurs se demandent donc si l'ETC est un problème nouveau qui touche des athlètes ayant subi des commotions cérébrales.

Ils soulignent enfin qu'entre 20 pour cent et 50 pour cent des patients qui ont des dépôts anormaux de substances au cerveau ne présentent pas de symptômes. La portée clinique de leur présence dans le cerveau des anciens athlètes demeure donc incertaine.

M. Randolph et Mme Karantzoulis admettent que des sports de contact comme la boxe et le football peuvent endommager le cerveau. Ils soulignent qu'on ne dispose pas, à l'heure actuelle, de données permettant de mesurer avec exactitude le lien entre les commotions cérébrales et une augmentation des troubles cognitifs ou neuropsychiatriques des années plus tard.

Les conclusions de leur étude sont publiées dans le journal Neuropsychology Review.

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