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La Banque du Canada affirme déceler quelques signes encourageants

04/12/2013 10:01 EST | Actualisé 03/02/2014 05:12 EST

OTTAWA - La Banque du Canada affirme déceler quelques signes encourageants dans les économies canadienne et mondiale, mais elle prévient que l'inflation est encore trop faible pour cesser de penser que la reprise demeure fragile et a besoin de soutien.

Comme prévu, la banque centrale a encore une fois décidé, mercredi, de laisser son taux directeur à un pour cent, niveau qui a contribué à maintenir les coûts d'emprunt à de faibles niveaux presque sans précédent pendant plusieurs années.

Toutefois, les marchés n'ont pas jugé neutre la déclaration de la banque, interprétant apparemment sa mise en garde selon laquelle «les risques à la baisse touchant l'inflation semblent plus grands» comme une indication que le gouverneur Stephen Poloz compte maintenir les taux d'intérêt peu élevés pendant une période prolongée — probablement jusqu'en 2015 — et soulevant la possibilité, bien que mince, d'une réduction des taux l'an prochain.

Le dollar canadien a chuté de 0,26 cent US, à 93,65 cents US, soit son niveau le plus bas depuis mai 2010, à la suite de l'annonce de la banque centrale.

Des analystes avancent que cela pourrait être ce que M. Poloz cherchait, puisqu'il a continué d'insister sur la nécessité pour le Canada d'améliorer sa performance en matière d'exportations avant d'être en mesure de profiter d'une croissance économique autonome. Une faible devise aide les exportateurs à être concurrentiels sur les marchés étrangers.

«Je crois qu'il est pas mal révélateur que depuis la dernière réunion, nous ayons eu une croissance plus élevée et une inflation plus faible que prévu, et que la banque porte attention à l'inflation plus faible que prévu», a observé Doug Porter, économiste principal chez BMO Marchés des capitaux.

«Je penserais presque qu'il y a une volonté de pousser le dollar canadien encore plus à la baisse. Disons qu'ils ne sont pas mécontents de la faiblesse de la devise», a-t-il ajouté.

La Banque du Canada a à maintes reprises insisté sur le fait qu'elle ne cherchait pas à faire baisser le dollar, mais M. Porter a fait remarquer que d'autres banques centrales, en particulier en Australie et dans d'autres économies reposant sur les exportations, avaient directement agi en ce sens.

Dawn Desjardins, économiste chez Desjardins, a quant à elle affirmé que l'affaiblissement du dollar canadien par rapport à la devise américaine aidait les exportateurs à éventuellement tirer profit de la hausse de la demande prévue — et attendue depuis longtemps — aux États-Unis.

«La demande accrue d'exportations constituera un facteur clé de la poussée du taux de croissance de l'économie à un niveau supérieur à son potentiel en 2014 et de la réduction de l'excédent de capacité», a indiqué Mme Desjardins dans une note envoyée à des clients.

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