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Commission Charbonneau: l'entrepreneur Bernard Bellavance floué par Normand Dubois

04/12/2013 09:46 EST | Actualisé 03/02/2014 05:12 EST
CEIC

La commission a entendu ce matin Bernard Bellavance, dont l'entreprise Riche-Lieu a été victime de Normand Dubois, un individu arrêté récemment dans le cadre du projet Garot visant à démanteler un système de fausses factures et de travail au noir dans l'industrie de la construction.

Un texte de Bernard Leduc

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M. Bellavance, fondateur de l'entreprise, a expliqué avoir été approché en 2003 par Clément Desrochers, un comptable qu'il connaissait, pour lui proposer une association avec M. Dubois, arrêté la semaine dernière et soupçonné d'avoir dirigé ce système.

M. Bellavance, alors surintendant sur des chantiers, tentait alors de lancer son entreprise, qui n'avait alors ni contrats, ni employés, ni machinerie, ni revenus.

MM. Desrochers et Dubois lui proposent de s'associer à parts égales. Ils veulent en fait utiliser sa licence de la Régie du bâtiment, disent-ils, pour faire travailler des gens en échange de contrats et de revenus.

Dans les faits, M. Bellavance continue de faire son métier de surintendant sur des chantiers et si l'entreprise demeure officiellement à son seul nom, toute l'administration est faite par M. Desrochers.

Le compte en banque de son entreprise connaîtra rapidement une grande activité, bien que lui-même ne touche presque rien des opérations apparentes de sa compagnie.

Puis, les activités bancaires de Riche-Lieu seront déplacées dans un autre compte, géré par M. Desrochers et il perdra alors totalement le contrôle de sa compagnie.

En 2004, lorsque Revenu Québec contacte M. Bellavance pour obtenir les livres comptables de Riche-Lieu, ses inquiétudes augmentent. Et lorsque M. Desrochers échoue à régler ses problèmes avec le gouvernement, ce dernier se fait alors menaçant : il lui dit de rester tranquille et que rien n'arriverait à sa famille.

Au final, Bernard Bellavance, talonné par Revenu Québec, sera contraint de déclarer faillite en 2005.

Mais l'histoire ne s'arrête pas ici, car M. Bellavance dit en avoir nourri une certaine rancune envers ces derniers, il ne coupera pas tous les liens puisqu'il fera affaire encore avec Clément Desrochers.

Bernard Bellavance a ainsi reconnu avoir obtenu de certains de ses employeurs de permettre à la compagnie de M. Desrochers de les facturer, plutôt que de le payer directement : en retour, ce dernier lui payait comptant ce que lui devaient ses employeurs, moins une commission, ce qui lui permet notamment d'éviter l'impôt.

Deux autres témoins à entendre

La commission entendra par la suite Guy Desrosiers, analyste-enquêteur à la commission, et Raymonde Lefebvre, commis de bureau.

Le témoignage de Louis-Pierre Lafortune a été suspendu jusqu'à jeudi matin, puisqu'il doit se rendre à la Cour supérieure dans le cadre du procès pour gangstérisme, complot et recyclage de produits de la criminalité qu'il doit subir dans la foulée de l'opération Diligence.

Ce procès, qui vise également le Hells Angel Normand « Casper » Ouimet, est officiellement commencé, mais il est embourbé dans une série de requêtes, de sorte que le jury n'a pas encore été sélectionné.

L'ordonnance de non-publication vise précisément à ne pas contaminer ce jury et à garantir du coup un procès juste et équitable à M. Lafortune.

L'ex-vice-président des Grues Guay sera le dernier témoin entendu par la commission avant la pause du temps des Fêtes. Les travaux reprendront ensuite le 13 janvier.

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