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Au tour de l'UQAM de rejeter la charte des valeurs

04/12/2013 02:04 EST | Actualisé 02/02/2014 05:12 EST

Un autre établissement d'enseignement de taille s'oppose au projet de charte des valeurs du gouvernement québécois. Après les universités de Montréal et de Sherbrooke, au tour de l'Université du Québec à Montréal (UQAM) de prendre position contre l'interdiction des signes religieux dits ostentatoires.

« L'UQAM est en désaccord précisément avec l'article qui traite du port de signes religieux ostentatoires dont les principes sont inapplicables et inéquitables pour notre communauté », a indiqué dans un courriel envoyé à Radio-Canada la directrice du service des communications de l'Université, Jenny Desrochers. Pour cette raison, l'UQAM s'oppose au projet de loi 60 dans sa forme actuelle.

L'Université du Québec à Montréal n'est pas désaccord « avec le principe de laïcité », précise toutefois Mme Desrochers.

Dans une entrevue accordée au quotidien Le Devoir, le recteur Robert Proulx a affirmé que l'interdiction des symboles religieux irait à l'encontre des « principes de liberté académique » à la base des universités.

M. Proulx a l'intention de déposer un avis ou un mémoire, ou de comparaître en commission parlementaire à ce sujet.

Québec ne bronche pas

Il n'est pas question d'exclure les universités du projet de charte, a réagi le ministre responsable des Institutions démocratiques et porteur du dossier de la charte des valeurs, Bernard Drainville.

« Pour nous, c'est une question de cohérence. Les universités, ce sont des institutions publiques et la laïcité que nous proposons s'applique aux institutions publiques. Donc, elle doit s'appliquer aux universités », a dit le ministre Drainville dans les corridors de l'Assemblée nationale mercredi.

Pour le gouvernement du Parti québécois, les employés des universités doivent représenter la neutralité de l'État et les professeurs, entre autres, ne doivent pas faire de prosélytisme religieux avec leurs vêtements. Il y a toutefois une exception prévue au projet de loi pour les facultés de théologie, a-t-il souligné.

Le ministre Drainville a par ailleurs invité les universités à participer à la commission parlementaire sur le sujet.

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