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Étude: trois pays du «Printemps arabe» sont toujours corrompus

03/12/2013 11:08 EST | Actualisé 02/02/2014 05:12 EST
Getty

BERLIN - La corruption ne cesse de s'aggraver dans trois pays du Moyen-Orient touchés par le «Printemps arabe», indique une étude rendue publique mardi, et ce même si le mouvement visait notamment à combattre le problème.

Le groupe anticorruption Transparency International blâme l'instabilité politique pour la détérioration de la situation au Yémen, en Syrie et en Libye.

Sur une échelle de 0 à 100 où un score de zéro témoigne d'une corruption profonde, la note accordée au Yémen recule de cinq points à 18, celle de la Libye de six points à 15 et celle de la Syrie de neuf points à 17.

L'Irak, qui peine toujours à se remettre de l'invasion américaine de 2003, voit son score glisser de 18 à 16.

La compilation annuelle réalisée par l'organisme accorde une note inférieure à 50 à plus de 80 pour cent des pays du Moyen-Orient. Les pays de la région obtiennent une note moyenne de 37, soit moins que la moyenne mondiale de 43.

«Imaginez ce qui est nécessaire pour déraciner la corruption — il faut toujours des institutions dont les employés ont un certain niveau d'intégrité et un système de supervision indépendant, a dit le directeur de Transparency pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord, Christopher Wilcke. Dans des situations de conflit, tout ça sort immédiatement par la fenêtre.»

Le chaos qui a suivi, l'an dernier, le départ du président yéménite Ali Abdullah Saleh s'est traduit par une augmentation de la corruption au sein de l'armée, de la police et des agences gouvernementales.

En Libye, la corruption et les détournements de fonds étaient courants sous la gouverne de Mouammar Kadhafi. L'effondrement de son gouvernement n'a rien fait pour améliorer la situation. L'an dernier, par exemple, le premier ministre Ali Zidan a révélé que la rente mensuelle de 2300 $ US versée aux rebelles qui ont combattu le régime Kadhafi a été remise en double à plus de 250 000 personnes — ce qui signifie que la Libye a possiblement été dépouillée de centaines de millions de dollars avant que le problème ne soit découvert.

En Syrie, sur fond d'une guerre civile apparemment interminable, la contrebande, les pots-de-vin et d'autres problèmes du genre n'ont fait que s'intensifier.

Le score de l'Égypte demeure inchangé à 32, mais M. Wilcke rappelle que la note a été calculée à partir de données colligées pendant le premier semestre, avant que le pays ne plonge dans l'anarchie quand l'armée a chassé le président Mohammed Morsi du pouvoir.

L'indice mesure la perception de la corruption au sein du secteur public. M. Wilcke a dit que, règle générale, la police, l'appareil judiciaire et les agences gouvernementales responsables de l'approvisionnement sont généralement perçus comme étant corrompus au Moyen-Orient.

«Pratiquement tous les secteurs gérés par des fonctionnaires gouvernementaux sont perçus comme étant corrompus», a-t-il dit.

Le Danemark et la Nouvelle-Zélande se partagent la première place avec une note de 91, suivis de la Finlande, de la Suède et de la Norvège. Le Canada et l'Australie sont à égalité en neuvième position avec un score de 81, contre 76 pour les États-Unis et l'Uruguay qui arrivent en 19e position.

Ailleurs en Europe, la Grèce améliore son score de quatre points à 80, même après avoir été frappée de plein fouet par la crise budgétaire européenne. L'Espagne, un autre pays dont l'économie a été malmenée, voit en revanche sa note glisser de six points à 59.

L'Afghanistan, la Corée du Nord et la Somalie arrivent bons derniers avec une note de seulement 8.

Transparency International calcule les scores à partir de sources comme la Banque mondiale, le Forum économique mondial, la Banque africaine de développement et ses propres analyses.

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