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Les manifestations thaïlandaises se font moins intenses

03/12/2013 09:29 EST | Actualisé 02/02/2014 05:12 EST

BANGKOK - La crise politique qui secoue la capitale thaïlandaise depuis une semaine a soudainement perdu de son intensité, mardi, quand la première ministre a ordonné aux policiers de ne plus s'opposer aux manifestants antigouvernementaux.

La décision survient au moment où le pays s'apprête à célébrer l'anniversaire du roi plus tard cette semaine, une fête de grande importance dans ce pays d'Asie du Sud-Est.

Renversant la stratégie adoptée depuis deux jours de batailles de rue de plus en plus féroces, les policiers ont baissé leurs boucliers et abandonné leurs positions fortifiées autour des bureaux de la première ministre Yingluck Shinawatra.

Peu de temps après, des milliers de manifestants en liesse se sont installés sur le campus de l'enceinte, se prenant en photo avec leurs téléphones portables et criant «Victoire au peuple!». Mme Yingluck était absente à ce moment.

Les manifestants ont quitté après une heure de discours et de tapage, et les barrières ont alors été de nouveau verrouillées.

La décision du gouvernement pourrait aussi permettre aux manifestants de mettre fin à leurs démonstrations sans pour autant perdre la face. Le gouvernement cherche à résoudre un conflit qui a fait quatre morts et 256 blessées depuis que la violence a éclaté samedi.

Le leader des manifestants, Suthep Thaugsuban, a promis de continuer son combat pour chasser Mme Yingluck et empêcher son frère, l'ancien premier ministre Thaksin Shinawatra, de reprendre le pouvoir.

M. Thaksin a été chassé par l'armée en 2006 et les détracteurs de Mme Yingluck lui reprochent fréquemment d'être sa marionnette.

«Vous pouvez être certains que c'est seulement une victoire partielle (...) parce que le régime tyrannique de Thaksin est encore là, a lancé M. Suthep. Nous devons poursuivre la lutte.»

Déclarant que le gouvernement n'aura recours qu'à la douceur et à la gentillesse pour régler le conflit, le vice-premier ministre Surapong Tovichakchaikul a expliqué que certains barrages policiers avaient été levés pour abaisser le niveau de tension et permettre aux Thaïlandais de célébrer, jeudi, le 86e anniversaire du roi Bhumibol Adulyadej. Le souverain est le seul personnage politique du pays respecté par tous.

Quelques escarmouches ont éclaté en début de journée mardi. Mais après quelques minutes, les policiers ont cessé de répliquer et se sont retirés. Des manifestants estomaqués ont alors commencé à escalader des barrières de ciment renversées. Ils ont piétiné du verre brisé dans la rue. Ils ont franchi les carcasses incendiées de dizaines de véhicules de police, dont certains fumaient encore après avoir été détruits la veille.

Ils ont ensuite rejoint des milliers d'autres manifestants qui arrivaient, à pied, de la direction opposée. Un homme a coupé le cadenas qui verrouillait une barrière menant à l'enceinte gouvernementale, et une foule euphorique s'est engouffrée sur les lieux.

Une vingtaine de policiers et de soldats montaient la garde devant une porte menant au bureau de Mme Yingluck, mais les manifestants n'ont pas tenté d'y pénétrer.

Toute violence le jour de l'anniversaire du roi serait vue comme un manque inacceptable de respect. Mme Yingluck a déclaré que son anniversaire «revêt une signification spéciale» pour les Thaïlandais.

«Cette journée est sacrée dans le coeur du peuple thaïlandais, a-t-elle dit. C'est une journée où nous essayons d'accomplir de belles choses et de travailler ensemble. Je veux que les Thaïlandais collaborent pour trouver une solution aux problèmes du pays (...) pour que la paix puisse revenir et que nous puissions aller de l'avant.»

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