NOUVELLES

Le gouvernement ukrainien survit à une motion de censure au Parlement

03/12/2013 07:25 EST | Actualisé 02/02/2014 05:12 EST

KIEV, Ukraine - Le gouvernement ukrainien a survécu mardi à une motion de censure déposée par l'opposition, laissant la crise politique qui secoue le pays en suspens pendant que de nouvelles manifestations populaires étaient convoquées.

L'opposition avait présenté la motion de censure pour dénoncer le refus de dernière minute du président Viktor Ianoukovitch de signer une entente politique et commerciale attendue de longue date avec l'Union européenne, ainsi que la brutalité policière dont ont fait l'objet certains manifestants.

Jusqu'à 300 000 personnes sont descendues dans les rues de Kiev pour condamner la décision du président Ianoukovitch, ce qui représente la pire expression de colère populaire depuis la Révolution orange de 2004.

La motion de censure a été appuyée par 186 parlementaires, soit 40 votes de moins que ce qui aurait été requis pour son adoption. M. Ianoukovitch serait demeuré président même en cas de défaite, mais le premier ministre Mikola Azarov et son gouvernement auraient été évincés.

M. Azarov a profité de la session parlementaire pour s'excuser de la violence utilisée par les policiers anti-émeute.

«Le président et le gouvernement sont profondément désolés que ça se soit produit», a-t-il déclaré devant un Parlement déchaîné, sous une pluie de cris de «Honte!» et «Démission!» lancés par les parlementaires de l'opposition.

Il a toutefois défendu les décisions du gouvernement et dénoncé les manifestants qui ont bloqué l'accès à certains bureaux gouvernementaux, en plus de prévenir l'opposition que les responsables sauront se défendre.

«Nous sommes ouverts au dialogue, a dit M. Azarov. Nous vous avons tendu la main, mais si nous rencontrons un poing, je serai très honnête, nous somme suffisamment forts.»

Le champion de boxe et leader du parti politique Udar, Vitali Klitschko, a rétorqué que le mouvement de contestation ne cessera pas.

«Nous bloquerons pacifiquement l'édifice gouvernemental et nous ne permettrons à personne de travailler», a-t-il lancé aux manifestants sur la place de l'Indépendance, après l'échec de la motion de censure.

Pendant le vote, des milliers de personnes s'étaient rassemblées devant l'édifice du parlement, qui était entouré d'autobus de police blancs et de policiers anti-émeute. Après l'échec du vote, l'opposition a demandé à la foule de continuer à manifester. Quelque 5000 manifestants se sont réunis devant le bureau de M. Ianoukovitch pour réclamer qu'il renvoie le gouvernement Azarov et organise des élections anticipées.

«S'il pense qu'il pourra se défiler de ses responsabilités, il a tort», a lancé un autre leader de l'opposition, Arseniy Iatseniuk.

Le bureau du président a toutefois révélé qu'il avait quitté le pays pour un déplacement en Chine, où il devrait parapher une série d'ententes commerciales.

PLUS:pc