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Le DG du CHUM relevé des ses fonctions 

03/12/2013 10:20 EST | Actualisé 02/02/2014 05:12 EST

Le directeur général du Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM), Christian Paire, a été relevé de ses fonctions avec solde, le temps que la procédure légale pour mettre fin à son contrat soit entamée.

Christian Paire, tout comme l'ancien grand patron de Tourisme Montréal, Charles Lapointe, est montré du doigt par le vérificateur général du Québec, Michel Samson, pour de nombreuses irrégularités dans son salaire et ses dépenses, de même que pour sa gestion déficiente du CHUM.

Le directeur général du CHUM avait écarté samedi dernier l'éventualité d'une démission. Il sera maintenant remplacé, de façon temporaire, par le directeur général associé du CHUM, Yvan Gendron.

Après la publication du rapport du vérificateur général la semaine dernière, le ministre de la Santé, Réjean Hébert, a exigé des remboursements et envisageait même une tutelle. Il avait donné au CHUM jusqu'à mercredi pour prendre des décisions par rapport à la gestion de l'établissement. 

En plus d'avoir choisi de mettre fin au contrat de Christian Paire, le conseil d'administration du CHUM et son comité exécutif ont donc aussi remis au ministre un plan d'action pour la suite des choses. Le ministre Hébert devrait dire ce qu'il en pense d'ici la fin de la semaine.

Par ailleurs, afin de mettre fin au contrat de M. Paire, une évaluation de son travail est demandée, et des négociations devraient être entamées afin de trouver une compensation salariale à son remerciement.

Ces compensations pourraient cependant coûter cher aux contribuables. Le principal intéressé affirme en effet qu'à défaut d'avoir  reçu de réponse formelle de la part du conseil d'administration sur le renouvellement de son contrat , celui-ci est renouvelé pour quatre ans. Au CHUM, on précise dans un communiqué que Christian Paire a été informé en août dernier du renouvellement de son contrat pour une durée d'un an. 

Gestion renouvelée

Dans son communiqué, le CHUM laisse également filtrer quelques bribes du plan d'action remis au ministre de la Santé. Il y est indiqué que le conseil d'administration désire apporter des correctifs à la gestion de l'établissement au plus tard le 31 mars prochain. Le texte souligne également que « la plupart des mesures de reddition de comptes et de révision des politiques internes du CHUM auront quant à elles été mises en place avant la fin du mois de janvier ».

Le communiqué laisse entendre que le centre hospitalier était déjà au courant des lacunes de son administration, puisque « lors de sa séance du 24 septembre dernier, le conseil d'administration avait déjà adopté trois mesures de resserrement de la gestion du CHUM ».

Le conseil d'administration avait de plus demandé l'aide d'accompagnateurs, qui sont en place depuis le 21 octobre, afin d'effectuer « une analyse du respect des règles de gouvernance et une validation de l'implantation des règles de resserrement de la gouvernance ». Le conseil désire maintenant voir le mandat de ses accompagnateurs prolongé.

« Le vérificateur général a fait des observations extrêmement sérieuses »

En réaction à l'annonce de la fin du contrat de Christian Paire, le ministre de la Santé a tenu à rappeler tous les problèmes qu'a connus le CHUM au cours des dernières années.

« Je vous rappelle qu'il y a eu des problèmes dans la nomination, la rémunération de cadres supérieurs dans cet établissement qui totalisent 750 000 $. Deuxièmement, il y a eu l'octroi de contrats gré à gré pour des services professionnels, ce qui contrevient aux règles. Il y a eu également un laxisme dans l'approbation de frais de déplacement, de frais d'hébergement. Et finalement, il y a eu un problème de transparence de la part de l'équipe de direction face au conseil d'administration pour lui donner tout ce qu'il fallait pour qu'il puisse prendre des décisions », a indiqué le ministre.

Les propos de Réjean Hébert ont aussi visé directement le conseil d'administration.

« Je vous rappelle aussi que le vérificateur général a montré qu'il y avait des problèmes de gouvernance au niveau du conseil d'administration, ce qui a été confirmé par le rapport préliminaire des deux accompagnateurs qui sont en place au CHUM depuis quelques mois », a-t-il insisté.

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