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Entente Canada-UE: l'UPA veut qu'Ottawa verse les compensations promises

03/12/2013 05:20 EST | Actualisé 02/02/2014 05:12 EST

QUÉBEC - Les fromagers québécois commencent à s'impatienter. Ils attendent du gouvernement fédéral qu'il indique rapidement quelles seront les mesures de compensation financières promises à la suite de l'entente de libre-échange conclue entre le Canada et l'Union européenne.

Ces producteurs, qui craignent de voir bientôt les fromages européens envahir les tablettes des supermarchés québécois, s'estiment lésés par cette entente internationale signée en octobre dernier et ils veulent savoir à quoi ils auront droit, a commenté mardi le président de l'Union des producteurs agricoles (UPA), Marcel Groleau.

L'entente, qui frappera particulièrement les petits fromagers artisans, se traduira par une perte sèche de 2 pour cent des parts de marché pour les producteurs québécois de fromages, a calculé M. Groleau, en point de presse, en marge du 89e congrès de l'UPA, qui se tient à Québec pour quelques jours.

Ottawa, qui a mal mesuré l'impact de cet accord sur le marché des fromages, selon lui, doit désormais indiquer comment et quand il entend compenser ce manque à gagner.

M. Groleau espère donc que le ministre d'État à l'Agriculture, Maxime Bernier, qui sera présent au congrès jeudi, aura de bonnes nouvelles à annoncer aux fromagers du Québec.

«On dit au gouvernement fédéral: il faut s'asseoir maintenant avec l'industrie. Si vous êtes sérieux, il y a des compensations. On doit les mesurer. On doit les chiffrer. On doit s'asseoir maintenant et les déterminer», a réclamé le président de l'UPA, en soutenant qu'il fallait fournir aux fromagers les outils «pour se préparer à cette nouvelle compétition» à venir, en provenance de l'Europe.

À ses yeux, dans le dernier droit du processus de négociation avec l'Union européenne qui aura duré quatre ans, «il y a eu quelque chose qui a été échappé à la dernière minute» par Ottawa. Jusqu'à la veille de l'accord, Ottawa se montrait pourtant rassurant, disant que la gestion de l'offre qui encadre le secteur laitier serait protégée.

En octobre, au lendemain de la signature de l'entente de principe, pour calmer le jeu, le premier ministre Stephen Harper avait fourni l'assurance qu'Ottawa offrirait une compensation aux fromagers, en cas d'effets négatifs de l'accord sur cette industrie.

Selon la Fédération des producteurs de lait du Québec, cette nouvelle situation entraînera des pertes de 150 millions $ pour les producteurs laitiers et de 300 millions $ en ventes au détail de fromages produits au Québec.

«Cela va être très difficile pour ce créneau de marché de prétendre pouvoir sortir de cette entente-là sans avoir été affecté. C'est là où on dit: il faut aider ce secteur-là», a dit M. Groleau, en rappelant que l'industrie laitière européenne était largement subventionnée.

L'accord doit être ratifié par les provinces avant d'entrer officiellement en vigueur et le gouvernement du Québec a soutenu qu'il ne l'entérinerait pas tant qu'Ottawa n'aurait pas versé les compensations promises.

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