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Enbridge : les environnementalistes plaident leur cause devant Québec

03/12/2013 08:26 EST | Actualisé 02/02/2014 05:12 EST

Pendant que des activistes s'enchaînaient à un chantier d'Enbridge à Toronto, mardi, des environnementalistes du Québec présentaient, en commission parlementaire, leurs arguments contre le projet d'inversion du flux dans le pipeline d'Enbridge de North Westover, en Ontario, à Montréal.

Le projet doit permettre d'acheminer le pétrole des sables bitumineux à Montréal, ce qui consolidera l'industrie pétrolière dans la métropole.

« Le pétrole issu des sables bitumineux est le plus polluant sur la planète », a dénoncé Steven Guilbeault, d'Équiterre. Les environnementalistes ont tour à tour tenté de semer un doute dans l'esprit du gouvernement, en parlant d'un pétrole sale, risqué et dangereux.

Le pipeline 9B est vieux de 38 ans, a rappelé le directeur de Greenpeace au Québec, Nicolas Mainville. Enbridge, dit-il, a déjà connu des déversements.

Les environnementalistes demandent à Québec d'être plus cohérent et d'avoir une vision. « Rien ne vous empêche, même minoritaire, de faire une évaluation environnementale complète des projets de pipeline sur le territoire », affirme Christian Simard, de Nature Québec.

Québec solidaire a profité de l'occasion pour présenter une agricultrice de Saint-André-d'Argenteuil, Claire Durocher, qui regrette d'avoir signé un contrat avec Enbridge en 1974. Le pipeline passe sur son terrain. « On a eu toujours des problèmes », dit-elle. « Si on veut faire un fossé, il faut avertir Enbridge. Si on veut passer un tuyau, il faut avertir Enbridge. »

À l'argument environnemental s'est toutefois opposé l'argument économique. « Nulle part dans votre exposé, on ne parle de ces travailleurs qui seraient touchés si on fragilise l'industrie pétrochimique au Québec », a dit la ministre déléguée au développement économique, Élaine Zakaïb.

« Parce qu'on sait qu'il n'y aura pas d'emploi sur une planète brûlée », a rétorqué Patrick Bonin, de Greenpeace. « Il n'y a pas de bons emplois si on s'en va vers des changements climatiques catastrophiques. Le Québec a un rôle à jouer là-dedans. »

Malgré tout, le gouvernement péquiste demeure favorable au projet. Son seul recours sera d'imposer à Enbridge des conditions plus strictes pour tenter de gagner l'appui de l'opinion publique, parce que bien que Québec fasse l'exercice de la réflexion dans ce dossier, la décision appartient au gouvernement fédéral.

Ottawa tranchera sur le sort du projet d'Enbridge au début de l'année 2014.

Avec les informations de Martine Biron

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