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À Tourisme Montréal, des doutes sont exprimés sur la gestion de Parisien

03/12/2013 03:33 EST | Actualisé 02/02/2014 05:12 EST

QUÉBEC - Le président intérimaire du conseil d'administration de Tourisme Montréal a exprimé mardi des doutes concernant la conformité des décisions de son prédécesseur, Jacques Parisien, qui a accordé de généreux avantages au PDG Charles Lapointe.

Michel Archambault a déclaré dans une entrevue qu'un avocat sera mandaté pour déterminer si M. Parisien a outrepassé ses pouvoirs en décidant unilatéralement de doubler l'indemnité de départ de M. Lapointe, qui a reçu 654 000 $ l'été dernier.

«Je veux voir si c'est conforme à notre règlement de politique administrative de Tourisme Montréal, alors il faut valider ça, a-t-il dit. Je veux voir s'il y a possibilité de récupérer cette somme, l'indemnité. On va regarder quels sont nos droits par rapport à ça.»

À la lumière de cet avis juridique, s'il y a eu «faute administrative ou professionnelle», Tourisme Montréal décidera si un recours devant les tribunaux peut être tenté concernant la prime de départ.

«Le c.a. ne s'est pas prononcé là-dessus, il n'a pas été saisi, il ne le savait même pas», a dit M. Archambault.

Selon le président intérimaire, membre du conseil d'administration depuis 1996, aucune résolution du comité exécutif ou du conseil n'a été votée pour appuyer la décision de M. Parisien, en 2011, de faire passer ce dédommagement à l'équivalent de 24 mois de salaire, plutôt que 12.

«À ma connaissance, et c'est ce que je vérifie, il n'y a pas eu de résolution du comité exécutif et le conseil d'administration n'a pas été saisi que le comité exécutif avait fait une résolution pour procéder au contrat de M. Lapointe», a-t-il dit.

Tourisme Montréal a été plongé dans la tourmente la semaine dernière, après le dépôt d'un rapport dévastateur du vérificateur général Michel Samson. M. Samson a constaté que les fonds publics confiés à l'organisme autonome étaient gérés de façon inappropriée, notamment par des dépenses injustifiées remboursées à M. Lapointe, dont il a jugé la rémunération excessive.

Pour expliquer sa généreuse prime de départ au vérificateur général, M. Lapointe a affirmé qu'il ne bénéficiait pas d'un régime de retraite «à vie», ce qu'a contredit en partie M. Archambault.

Le président intérimaire du c.a. a précisé que Tourisme Montréal provisionnait un régime enregistré d'épargne retraite (REÉR) à hauteur de 22 970 $ par année, une somme incluse dans la rémunération annuelle de l'ancien PDG, qui touchait au total 398 300 $.

Placé devant les constats du vérificateur général, notamment une allocation de 10 000 $ pour une voiture alors qu'un véhicule lui était fourni, M. Lapointe, qui a occupé ses fonctions pendant 24 ans, a accepté de rembourser 82 000 $ à Tourisme Montréal pour des dépenses injustifiées.

Dans une entrevue et une lettre ouverte, diffusées cette semaine, M. Parisien, qui a quitté ses fonctions précipitamment vendredi matin, a admis qu'il avait pris la décision de bonifier la prime de départ de M. Lapointe, mais il s'est dégagé de toute responsabilité concernant ses remboursements de dépenses.

M. Archambault, entré en fonction vendredi, s'est étonné de cette affirmation, considérant que le président du c.a. est le seul responsable d'autoriser ces remboursements à un PDG.

«M. Parisien a dit qu'il ne signait pas tous les comptes de dépenses, a-t-il dit. Il semble qu'il en signait mais il ne les signait pas tous alors que moi je pense qu'un président de conseil d'administration doit signer les comptes de dépenses de son PDG et c'est ce que je fais avec le PDG actuel, ses comptes de dépenses c'est moi qui les signe.»

Concernant la rémunération du successeur de M. Lapointe, Yves Lalumière, qui touche environ 390 000 $ par année, M. Archambault a affirmé que Tourisme Montréal examine actuellement le traitement de fonctions comparables.

«Il semble qu'on est dans les mêmes eaux ici, un peu inférieur à Toronto et que Vancouver serait similaire à Montréal», a-t-il dit.

Dans son rapport, le vérificateur a noté que 75 pour cent des revenus de Tourisme Montréal proviennent de fonds publics, notamment d'une taxe sur l'hébergement à Montréal qui génère 22 millions $ par année.

La semaine dernière, les parlementaires ont voté en faveur d'une motion qui forcera MM. Parisien et Lapointe à venir s'expliquer devant une commission parlementaire en début d'année.

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