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Oléoduc d'Enbridge : « Oui, mais... », dit le maire de Montréal

02/12/2013 08:45 EST | Actualisé 01/02/2014 05:12 EST

Le maire de Montréal ne veut pas signer de chèque en blanc à la compagnie Enbridge, qui demande la permission d'inverser le flux de son oléoduc 9B et d'y transporter du pétrole brut lourd. 

Un texte de François Cormier

« Ils nous disent qu'il n'y a pas de problème... Je ne veux pas juste l'entendre, je veux le voir », a déclaré Denis Coderre, lundi soir, à la sortie de la commission parlementaire se penchant sur le projet.

De passage à Québec pour faire part des préoccupations de la Ville de Montréal aux parlementaires, Denis Coderre estime qu'il faut faire toutes les études environnementales nécessaires pour s'assurer qu'il n'y ait pas de risque d'accident.

Au Québec, cet oléoduc traverse la rivière des Outaouais, les municipalités de Mirabel, Sainte-Anne-des-Plaines, Terrebonne, Laval et Montréal.

Création d'un fonds de prévoyance

La Ville de Montréal demande également la création d'un fonds de prévoyance d'un milliard de dollars en cas d'accident ou de déversement. « Évidemment, on pense à l'incident de Kalamazoo », fait valoir le maire, une rivière dans laquelle un déversement a nécessité des opérations qui ont atteint près du milliard de dollars.

La compagnie Enbridge rejette l'idée de créer un fonds de prévoyance d'un milliard de dollars seulement pour ce projet.

« Au Québec, le projet d'Enbridge représente 0,4 % de nos installations en Amérique du Nord, affirme Eric Prudhomme, directeur des affaires publiques d'Enbridge pour l'Est du Canada. Si on attache un milliard de dollars à 0,4 % de nos installations, ce sera un modèle d'affaires qui va difficilement tenir la route ».

Dans son mémoire, la Ville de Montréal se dit d'accord à ce que l'ensemble des entreprises ayant des installations au Canada fournissent ce milliard de dollars.

« Dans ce contexte, la Ville de Montréal accueille favorablement l'annonce faite le 26 juin dernier, par le gouvernement fédéral, à l'effet que les entreprises qui exploitent les grands oléoducs devront dorénavant démonter qu'elles ont accès à un milliard de dollars pour couvrir les coûts d'un déversement ou d'une fuite, afin que les contribuables n'aient pas à assumer les frais d'un déversement de pétrole », indique le mémoire.

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