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Le toit du Stade olympique se dégrade de plus en plus

02/12/2013 08:00 EST | Actualisé 01/02/2014 05:12 EST

Le toit du Stade olympique de Montréal se dégrade trois fois plus rapidement que l'an dernier. On compte déjà 3429 déchirures en 2013, alors qu'on en comptait 1240 en 2012, environ 400 en 2011 et une vingtaine en 2010.

Ces données obtenues en vertu de la loi d'accès à l'information confirment que le toit installé en 1998 est à la toute fin de sa vie utile.

Les coûts d'entretien augmentent et sont maintenant estimés à 800 000 $ par année selon le Parc olympique de Montréal. C'est deux fois plus que l'an dernier.

C'est que la détérioration implique une vigilance accrue. En été, on doit effectuer chaque jour une inspection visuelle. En hiver, on parle de trois à cinq inspections quotidiennement. Le Parc olympique parle toujours de « microdéchirures ».

La sécurité du public serait donc assurée malgré l'explosion du nombre de faiblesses notées sur la toile. Mais dans son rapport annuel de 2012, le Parc olympique spécifiait que la toile a perdu plus de la moitié de sa résistance.

Pas de commentaire au gouvernement et au Parc olympique

Le nouveau président du Parc olympique de Montréal, Paul Saint-Jacques, entrait en fonction lundi et n'a pas voulu commenter le dossier. Le ministre responsable de la métropole, Jean-François Lisée, a renvoyé l'affaire au ministre délégué au Tourisme, Pascal Bérubé. Celui-ci n'était pas disponible, son cabinet se contentant de dire que la réflexion chemine.

Le dossier avait provoqué un imbroglio en mars dernier. Jean-François Lisée affirmait qu'une solution serait trouvée « avant l'été ». Mais il avait rapidement été contredit par Pascal Bérubé qui ne promettait pas de solution à court terme.

L'opposition presse le gouvernement d'agir

Pour le Parti libéral du Québec, la réfection du toit du stade est un investissement.

À l'heure actuelle, tout événement organisé l'hiver peut être annulé à 24 heures d'avis si on annonce des chutes de neige. Dans la pratique, cela veut dire que presque aucun événement n'est organisé pendant la saison froide.

Lucie Charlebois, porte-parole de l'opposition officielle en matière de tourisme presse le gouvernement d'agir. « Les retombées économiques générées avec les événements supplémentaires vont faire en sorte que cela va amortir le coût de reconstruction. De toute façon, il faut prendre une décision », dit-elle.

Mme Charlebois estime qu'il est impensable que Montréal fête son 375e anniversaire en 2017 sans un nouveau toit pour le stade. Mais des sources indiquent qu'il est déjà trop tard pour que la nouvelle structure soit prête pour les fêtes du 375e.

Dossier stagnant?

Des sources au Parc olympique indiquent que le dossier du toit « est au point mort » depuis plusieurs semaines. Pourtant, le plan d'affaires initial serait prêt. Il s'agit de la dernière étape avant le lancement des appels d'offres.

Selon certains, le départ de David Heurtel ne serait pas étranger aux hésitations du gouvernement dans ce dossier. Certains indiquent qu'il ne souhaitait pas « gérer la décroissance ». Candidat libéral à une élection complémentaire le 9 décembre, David Heurtel s'est vu offrir un siège sûr dans Viau, où il devrait être élu sans difficulté.

Dilemme sur fond de déficit

Plusieurs au Parc olympique favoriseraient un toit fixe. D'abord, la facture serait beaucoup moins élevée. On parle d'environ 200 millions pour un toit fixe, alors qu'un toit rétractable coûterait au bas mot 300 millions. Mais le gouvernement refuse de dire qu'il a fait une croix sur l'idée d'un toit rétractable.

Dans l'état actuel des finances publiques, investir des centaines de millions dans un stade semble un choix risqué. En septembre, la première ministre Pauline Marois affirmait en entrevue avec Patrice Roy : « Je ne suis pas sûre que je suis capable de vendre ça [aux Québécois], un toit du stade ». Le gouvernement fait actuellement face à un déficit de 2,5 milliards de dollars pour cette année.

Pas une priorité pour le maire ou la Chambre de commerce

Le maire de Montréal, Denis Coderre, veut discuter du dossier du stade avec le gouvernement du Québec. Il pense qu'il faut agir, mais il enchaîne en disant : « J'ai une série de priorités pour l'instant ». Le dossier du stade n'en est pas une, mais il affirme que le stade a une utilité « à long terme ».

Le maire Coderre rappelle que le Canada songe entre autres à tenter d'obtenir la Coupe du monde de soccer. Si jamais le projet se concrétisait, il faudrait que le toit du stade soit sécuritaire pour que Montréal obtienne sa part.

La Chambre de commerce du Montréal métropolitain invite le gouvernement à la prudence. Michel Leblanc indique qu'il faut d'abord analyser avant d'investir des millions. Plusieurs proposent un centre de foires dans l'enceinte du stade. Ce genre d'infrastructure sert à obtenir des événements trop importants pour le Palais des congrès.

Le président de la Chambre de commerce, Michel Leblanc, affirme qu'il « faut trouver un modèle qui tienne la route pour justifier encore une fois les centaines de millions qu'on devrait investir pour avoir un nouveau toit alors qu'il y a des besoins criants dans beaucoup d'autres infrastructures de la région ».

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