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Le policier ayant abattu Michael Eligon affirme avoir craint pour sa vie

02/12/2013 03:31 EST | Actualisé 01/02/2014 05:12 EST

TORONTO - Le policier ayant tué Michael Eligon, un Torontois souffrant de problèmes de santé mentale, a déclaré, lundi, dans le cadre de l'enquête du coroner sur cette affaire qu'il avait craint pour sa vie en raison des ciseaux que brandissait l'homme de 29 ans.

L'agent Louie Cerqua a affirmé que M. Eligon, qui errait dans la rue en chemise d'hôpital lorsqu'il a été interpellé par les représentants des forces de l'ordre ce jour de février 2012, n'avait pas réagi aux demandes répétées des policiers lui ordonnant de laisser tomber ce que ces derniers considéraient comme étant deux armes dangereuses.

Il a ajouté que, comme Michael Eligon continuait à s'approcher et n'obéissait à aucun ordre, il avait eu le sentiment de courir un grand danger. La tension a monté d'un cran lorsque M. Cerqua et l'un de ses collègues se sont retrouvés coincés contre un véhicule utilitaire sport alors que le jeune homme s'avançait toujours vers eux.

Le policier s'est rappelé avoir demandé à Eligon, en criant, de laisser tomber son arme, sinon il allait ouvrir le feu. Il a raconté que Michael Eligon s'était alors tourné vers lui et lui avait murmuré que l'un des deux agents allait mourir. Il a toutefois reconnu que d'autres membres des forces de l'ordre ayant témoigné devant le coroner avaient fourni des versions différentes de cette phrase.

Louie Cerqua a admis avoir reçu une formation sur la façon d'agir avec des personnes atteintes de troubles mentaux mais que, dans le feu de l'action, il n'avait pas songé à d'autres options comme utiliser une matraque ou son vaporisateur de poivre de Cayenne. Il a indiqué que, dans une situation comme celle-là, le revolver était la seule solution.

L'enquête du coroner, qui porte aussi sur la mort de Reyal Jardine-Douglas et Sylvia Klibingaitis, deux autres Torontois abattus par des policiers dans des circonstances similaires, a soulevé des questions sur le recours à la force par les agents et la manière dont ils agissent avec les gens souffrant de problèmes de santé mentale.

L'Unité des enquêtes spéciales, l'organisme chargé de surveiller la police en Ontario, a blanchi les autorités par rapport au décès de Michael Eligon.

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