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Le Canada est un «État voyou» sur l'environnement, dit un économiste canadien

02/12/2013 07:14 EST | Actualisé 01/02/2014 05:12 EST

WASHINGTON - Un économiste ayant occupé certaines fonctions auprès du gouvernement Harper a profité d'un discours principal lors d'un événement, lundi, à Washington, pour dénoncer la position des autorités canadiennes sur les oléoducs, décrivant le Canada comme un «État voyou» sur le plan environnemental.

Mark Jaccard avait été nommé en 2006 par les conservateurs à la désormais défunte Table ronde nationale sur l'environnement et l'économie.

Sept ans plus tard, l'économiste environnemental a livré une longue rebuffade du rendement du Canada dans la lutte aux changements climatiques, alors que l'administration Obama se questionne à savoir si elle doit approuver le pipeline Keystone XL, qui doit relier les sables bitumineux de l'Alberta aux raffineries de pétrole du golfe du Mexique.

M. Jaccard, un conseiller auprès de divers gouvernements et enseignant à l'Université Simon Fraser en Colombie-Britannique, a dit ne pas souhaiter la fin de l'exploitation de sables bitumineux — mais plutôt un gel de sa croissance.

Il a ajouté du même souffle que le Canada est un «État voyou» en terme de lutte au réchauffement climatique.

M. Jaccard était le principal conférencier à un sommet en association avec un donateur démocrate bien connu, le surnommé «milliardaire vert» Tom Steyer, qui pouvait compter sur la présence de nombre de médias américains.

«(Le Canada) accélère la tragédie mondiale... Le gouvernement américain devrait rejeter Keystone XL et expliquer au gouvernement canadien qu'il espère joindre le Canada (pour un plan sur les changements climatiques)», a déclaré M. Jaccard.

L'ex-conseiller de la ministre de l'Environnement de l'époque, Rona Ambrose, est devenu un critique de plus en plus acerbe du gouvernement Harper. Il a même été arrêté l'an dernier après avoir joint le blocus d'un train transportant du charbon américain en Colombie-Britannique.

Le gouvernement fédéral a publié, lundi, après le discours de M. Jaccard, une longue déclaration condamnant son association à un «État voyou».

Le ministre des Ressources naturelles, Joe Oliver, a affirmé qu'avec ou sans le projet Keystone, l'industrie pétrolière canadienne représenterait une fraction minuscule des émissions globales de gaz à effet de serre.

Le Canada a agi pour fermer des centrales au charbon, la plus importante source de gaz à effet de serre dans le monde, a-t-il ajouté.

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