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La CMM appuie la projet d'Enbridge mais pose plusieurs conditions

02/12/2013 07:50 EST | Actualisé 01/02/2014 05:12 EST

MONTRÉAL - Les élus de la région de Montréal appuient mais avec beaucoup de réserves le projet d'Enbridge d'inverser le flux de son pipeline 9-B pour emmener du pétrole des sables bitumineux d'Alberta à Montréal.

Dans son mémoire déposé lundi soir à Québec devant la commission parlementaire chargée d'étudier ce projet, la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) a dit reconnaître les avantages économiques du projet mais a émis une série de demandes à la pétrolière, touchant tant les aspects du risque environnemental que le besoin de compenser les municipalités touchées.

Au premier chef, les recommandations de la CMM exigent d'Enbridge un respect des normes de l'Office national de l'énergie et la réalisation des travaux que l'Office a demandés après avoir identifié des défaillances dans ses opérations.

Les recommandations visent également une plus grande transparence de l'entreprise pour l'ensemble de ses activités d'inspection, d'analyse de risque et de gestion des situations d'urgence.

La Communauté exige également d'Enbridge qu'elle se dote des protections adéquates en cas de déversement, incluant une couverture d'assurance d'au moins un milliard $.

De plus, le mémoire fait état du besoin d'évaluations, d'analyses et de recherches tant sur les effets du pétrole brut sur la sécurité et l'intégrité des pipelines âgés que sur l'impact du projet sur les émissions de gaz à effet de serre, les enjeux de restauration des milieux de vie en cas de déversement et l'évaluation des risques du projet.

«Nous sommes d'accord avec le pipeline, mais ce n'est pas un chèque en blanc. On veut s'assurer de la sécurité des citoyens. Ils doivent répondre à nos conditions, car sinon le ''oui, mais...'' va se transformer en ''non''», a indiqué le président de la CMM et maire de Montréal, Denis Coderre, à l'occasion d'une entrevue avec La Presse Canadienne.

Enbridge doit aussi préciser les mesures d’urgence retenues afin d’intervenir rapidement dans le cas d’un incident, ajoute-t-il.

«Nous voulons aussi qu'il y ait création d'un fond de recherche entre Enbridge et les universités pour qu'ils puissent travaille ensemble en matière d'innovation, de recherche et développement en matière de sécurité», propose M. Coderre.

Le maire de la plus grande ville du Québec estime que le projet d'Enbridge peut contribuer à «l'indépendance énergétique» de la métropole et de la province. «Mais on ne veut pas seulement que ça soit un pipeline qui passe par chez-nous pour ensuite continuer jusqu'aux États-Unis. On veut un maximum de retombées économiques», insiste-t-il.

Denis Coderre promet de partager avec Ottawa les demandes déposées lundi. Il souhaite entre autres convaincre les autorités fédérales de forcer les entreprises à dévoiler les matières transportées à l'intérieur des pipelines, tout comme cela est maintenant le cas pour le transport de marchandises sur les rails.

Son homologue de Terrebonne, Jean-Marc Robitaille, rappelle pour sa part que, sur le principe que le projet doit bénéficier à tous, «la contribution d’Enbridge aux coûts de la sécurité civile devrait être augmentée tandis que les municipalités aux prises avec les inconvénients du projet devraient être compensées.»

À cet effet, le mémoire de la CMM recommande également que des sommes soient exigées d'Enbridge pour le financement et la formation des services municipaux de premiers répondants et qu'une compensation financière soit effectivement versée aux municipalités directement touchées par le projet d'Enbridge.

De son côté, l'Union des producteurs agricoles (UPA) s'est dite «particulièrement préoccupée par les aspects environnemental et sécuritaire du projet». Elle demande au gouvernement québécois de «s'assurer que (les terres agricoles et forestières) soient protégées» contre de possibles incidents.

L'UPA a notamment recommandé qu'Enbridge «soumette annuellement un rapport sur l’opération de l’oléoduc 9, incluant des informations sur les fuites et les impacts environnementaux qui leur sont associées, sur les taux de réparation et d’entretien, les excavations et les inspections réalisées, ainsi que les consultations publiques et les exercices de préparation, en cas d’urgence, effectués.»

L'organisation veut également que le gouvernement oblige Enbridge «à diffuser aux producteurs agricoles et forestiers, et à l’organisme qui les représentent, toute l’information sur leurs mesures d’urgence, notamment dans le cas où il serait nécessaire de pallier à un défaut d’approvisionnent en eau potable.».

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