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Des militants islamistes attaquent une base de l'armée nigériane

02/12/2013 01:31 EST | Actualisé 01/02/2014 05:12 EST

MAIDUGUGRI, Nigeria - Des centaines de militants islamistes à bord de camionnettes et d'un transport de troupes blindé volé ont attaqué une base de l'armée de l'air nigériane et un aéroport international un peu avant l'aube lundi, faisant possiblement des dizaines de morts.

Il s'agissait d'une des attaques les plus audacieuses jamais lancées par le groupe militant Boko Haram.

Deux hélicoptères et trois appareils militaires déclassés ont été abîmés pendant l'attaque, révèle un communiqué diffusé par un porte-parole du ministère de la Défense, le brigadier-général Chris Olukolade. Certains bâtiments ont aussi été touchés.

Vingt-quatre insurgés ont été tués et un nombre comparable blessés, en plus de deux membres de l'armée de l'air, selon M. Olukolade.

Le gouvernement régional a rapidement ordonné aux résidants de rester chez eux et imposé un couvre-feu de 24h à Maiduguri, la ville la plus proche de la base aérienne et le lieu de naissance de Boko Haram.

Les militants ont aussi attaqué l'aéroport international de Maiduguri. Les vols ont été interrompus temporairement mais ont depuis repris. Les vols internationaux vers Maiduguri avaient été suspendus il y a des mois mais les vols intérieurs s'étaient poursuivis.

Des explosions et des tirs d'armes automatiques ont été entendus à compter de 2h30 dans cette ville du nord-ouest du pays, quand les insurgés ont attaqué en criant «Dieu est grand!». Les combats se sont poursuivis jusque vers 7h.

Des responsables gouvernementaux et militaires ont prévenu que des dizaines de personnes ont possiblement été tuées. Des journalistes ont vu des ambulances militaires transportant des corps vers la morgue de l'hôpital.

Des civils qui habitent près de la base militaire, qui se trouve loin de la route principale, ont raconté avoir vu des victimes égorgées et les corps de militants brûlant dans des voitures.

Le général Olukolade a indiqué que les forces de l'ordre pourchassent les attaquants et a demandé aux civils de signaler tout militant en fuite.

Cette attaque survient une semaine après que l'armée nigériane ait bombardé les positions de Boko Haram dans la forêt, près de la frontière avec le Cameroun.

Un officier militaire a estimé qu'environ 500 hommes ont participé à l'offensive. On ne sait pas comment autant de combattants auraient pu se déplacer en pleine nuit, dans une zone sous couvre-feu, mais les insurgés se sont déjà emparés de matériel militaire et ressemblent parfois à s'y méprendre aux soldats gouvernementaux.

Le soulèvement de Boko Haram a débuté en 2009 et a déjà fait des milliers de victimes. Le groupe veut imposer la loi islamique dans tout le Nigéria. Boko Haram a été désigné «organisation terroriste» le mois dernier par les États-Unis.

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