POLITIQUE

Gilles Duceppe juge trop restrictive la charte de la laïcité

02/12/2013 05:42 EST | Actualisé 01/02/2014 05:12 EST
Agence QMI

L'ancien chef du Bloc québécois Gilles Duceppe considère que la charte de la laïcité que veut faire adopter le Parti québécois (PQ) est trop restrictive. Il plaide plutôt pour un État laïque qui permet « d'avoir une cohérence et de développer le plus large consensus possible ».

Dans une entrevue accordée au Devoir, M. Duceppe, qui est finalement sorti du devoir de réserve qu'il s'était imposé pendant son mandat de coprésident de la Commission nationale d'examen sur l'assurance-emploi, affirme en substance que l'interdiction de porter des signes religieux ostentatoires devrait concerner uniquement les employés de l'État qui représentent l'autorité, comme les juges ou les policiers.

En cela, il suit la ligne des anciens premiers ministres Jacques Parizeau, Lucien Bouchard et Bernard Landry, qui disaient de même en octobre, après la présentation du projet par le PQ. C'est également la position défendue par le Bloc québécois devant la commission Bouchard-Taylor en 2007.

Selon M. Duceppe, une kippa ou un foulard portés par un médecin ou une éducatrice en garderie ne contreviennent pas au principe de neutralité de l'État, puisqu'ils ne le représentent pas directement. Même chose pour les professeurs, qui doivent toutefois s'assurer « qu'il n'y ait aucun prosélytisme dans tout ce qui est enseigné ».

Travailler à visage découvert est toutefois essentiel aux yeux de l'ancien politicien.

« Selon moi, par exemple, les permis de garderies, même celles privées non subventionnées, devraient être accordés seulement si on garantit que les services vont être donnés à visage découvert », dit-il.

Il pense également que le gouvernement québécois devrait se questionner sur les subventions qu'il accorde à certaines écoles confessionnelles, comme les écoles juives et musulmanes.

Gilles Duceppe est cependant catégorique : le Québec a le droit de prendre des mesures pour assurer la laïcité de l'État. Il pense que la province devra utiliser la clause nonobstant si les tribunaux affirmaient que l'interdiction du port de signes religieux ostentatoires pour les employés de l'État représentant l'autorité contrevient à la Charte canadienne des droits et libertés.

Malgré ses critiques de la charte présentée par le PQ, Gilles Duceppe tient à féliciter le parti « d'avoir eu le courage de lancer le débat », et souligne qu'une grande majorité de ce que contient le projet de loi fait consensus.

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