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Assad aurait joué un rôle dans les crimes de guerre commis en Syrie, dit l'ONU

02/12/2013 07:19 EST | Actualisé 01/02/2014 05:12 EST

GENÈVE - Un nombre grandissant de preuves recueillies par les enquêteurs des Nations unies semblent indiquer que de hauts dirigeants syriens, dont le président Bachar el-Assad, ont joué un rôle dans les crimes de guerre et contre l'humanité commis dans le pays depuis le début de la guerre civile il y a près de trois ans.

Cette révélation, faite lundi par la haut-commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, Navi Pillay, augmente d'un cran la pression sur la Syrie en prévision de la conférence de paix qui doit avoir lieu à Genève en janvier.

Cet événement, qui résulte des efforts diplomatiques de l'Union européenne, des États-Unis et de la Russie, permettrait pour la première fois au gouvernement Assad et à ses opposants de négocier directement.

En conférence de presse, Mme Pillay a affirmé que la volonté de la communauté internationale d'intervenir à temps dans des conflits était mise à rude épreuve partout dans le monde.

Elle a indiqué que, outre la Syrie, où l'ampleur et la gravité des crimes perpétrés par des membres des deux camps défiaient presque l'entendement, la République centrafricaine était aussi un cas inquiétant puisque la situation s'y dégrade rapidement.

La haut-commissaire a révélé que les horreurs commises en sol syrien, qui vont du massacre à l'attaque chimique, en passant par le viol et la torture, avaient été très bien documentés par un comité d'experts des Nations unies.

«Ils ont produit un volume important de preuves, a-t-elle précisé. Ils ont souligné que les preuves montraient la responsabilité des plus hauts dirigeants du gouvernement, incluant le chef d'État.»

Navi Pillay et le comité de l'ONU sur les crimes de guerre en Syrie, qui compte quatre membres et est présidé par le diplomate et intellectuel brésilien Paulo Sergio Pinheiro, avaient déjà déclaré par le passé que le régime Assad et les rebelles avaient commis des actes très répréhensibles depuis le début de la guerre civile syrienne, qui a fait plus de 100 000 morts jusqu'à présent.

C'était toutefois la première fois que Mme Pillay faisait spécifiquement référence au président syrien, tout en se gardant bien de le désigner comme un suspect potentiel.

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