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Les Kosovars votent dans le calme lors du deuxième tour des municipales

01/12/2013 08:43 EST | Actualisé 31/01/2014 05:12 EST

Un Serbe tenant de la ligne dure a revendiqué la victoire en tant que premier maire de la section nord de la ville ethniquement divisée de Mitrovica, dimanche au Kosovo, alimentant les craintes voulant que le vote isole encore davantage la minorité serbe de la majorité albanaise.

Krstimir Pantic, chef de la Liste serbe, s'était engagé à reculons dans ces élections organisées par les autorités d'origine albanaise, puisque la minorité serbe rejette la sécession du Kosovo de la Serbie, survenue en 2008. La Serbie a toutefois accepté d'appuyer le scrutin dans le cadre d'une entente conclue avec le Kosovo — sous supervision de l'Union européenne — pour normaliser leurs relations.

Plusieurs Serbes sont simplement restés chez eux, dimanche. M. Pantic s'est dépêché de les assurer que le fait de voter lors de ces élections ne représentait pas un appui de l'indépendance du Kosovo.

Au moment où il a prononcé son discours de victoire, les résultats préliminaires lui donnaient une avance de dix points sur le politicien serbe modéré Oliver Ivanovic.

Selon M. Pantic, la lutte pour la réintégration du Kosovo dans le giron serbe s'est transformée, et se jouera désormais au sein des institutions.

Pristina — la capitale kosovare — voit ce scrutin comme une façon de ramener la zone serbe sous son contrôle. Cette région tient de la poudrière ethnique depuis la fin de la guerre du Kosovo, en 1999.

Dimanche, la police nationale et des troupes internationales ont augmenté leur présence dans le nord du pays, après un vote, le mois dernier, qui avait déraillé lorsque des hommes masqués s'opposant au scrutin avaient attaqué des employés électoraux et détruit du matériel électoral. Selon les autorités, aucun incident du genre n'a été rapporté au cours de la fin de semaine.

Dans les régions à majorité albanaise, le Parti démocratique du Kosovo, qui détenait le pouvoir, a perdu des appuis au profit de la Ligue démocratique du Kosovo, qui forme l'opposition. La LDK a toutefois perdu Pristina, une forteresse, aux mains de Shpend Ahmeti, un diplômé d'Harvard membre du Mouvement d'autodétermination nationaliste albanais.

Les élections ont eu lieu dans 25 des 39 municipalités où aucun candidat n'avait réussi à franchir la barre des 50 pour cent lors du premier tour, le 17 novembre.

Le Kosovo a mené une guerre d'indépendance contre la Serbie en 1998-1999, et a déclaré son indépendance en 2008 après près d'une décennie d'administration sous l'égide des Nations unies.

La Serbie a rejeté cette séparation.

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