POLITIQUE

La GRC arrête un homme qui aurait tenté de fournir des informations classifiées à la Chine

01/12/2013 12:31 EST | Actualisé 31/01/2014 05:12 EST
PC

TORONTO - Un ingénieur naval canadien est accusé d'avoir tenté de transmettre des informations secrètes au gouvernement chinois à propos de la stratégie de construction de navires du gouvernement canadien et la souveraineté maritime nationale.

Qing Quentin Huang, âgé de 53 ans et originaire de Waterdown, en Ontario, a été arrêté dans la ville voisine de Burlington, samedi, deux jours seulement après que la Gendarmerie royale du Canada (GRC) eut été mise au courant des allégations contre lui.

La GRC affirme avoir appris jeudi que l'homme tentait de transmettre des informations secrètes à Pékin.

Qing Quentin Huang est un citoyen canadien employé de Lloyd's Register, un sous-traitant des chantiers navals Irving, a précisé la GRC dimanche lors d'une conférence de presse à Toronto.

«Il s'agit de documents secrets du gouvernement canadien liés aux navires offrant un appui à nos services maritimes en lien avec la souveraineté canadienne», a affirmé la surintendante en chef Jennifer Strachan.

L'entreprise agit en tant que fournisseur pour Irving dans le cadre d'un contrat de construction de navires de patrouille destinés à l'Arctique. Le président d'Irving a assuré, dans un communiqué, que la sécurité des informations était très étroitement surveillée dans l'entreprise. M. Huang ne s'est jamais trouvé dans les installations d'Irving, a soutenu Kevin McCoy.

Lloyd's a pour sa part fait savoir que M. Huang ne disposait pas d'une autorisation de sécurité et n'avait pas d'accès direct aux informations secrètes ou contrôlées que possède l'entreprise.

Le gouvernement fédéral a déjà annoncé que les chantiers navals d'Irving, à Halifax, serviront à construire de six à huit navires de patrouille pour l'Arctique.

La stratégie navale nationale comprend également des frégates, des navires auxiliaires, des navires de recherche et des brise-glace, a précisé Mme Strachan.

«Dans ces cas, partager des informations pourrait donner un avantage tactique, militaire ou concurrentiel à une entité étrangère en lui permettant de connaître les spécifications des navires responsables de la défense des eaux canadiennes et de la souveraineté du pays», a-t-elle dit.

«Avoir accès aux produits d'efforts très importants et coûteux de recherche et de développement pourrait également offrir un avantage concurrentiel et économique indu.»

Qing Quentin Huang a communiqué avec quelqu'un à l'ambassade de Chine à Ottawa, a dit la GRC, mais la police fédérale ne veut pas dire si c'est de cette façon qu'elle a été mise au courant des activités présumées de l'accusé.

L'homme fait face à deux accusations en vertu de la Loi sur la protection de l'information et risque la prison à vie.

M. Huang est actuellement détenu en attendant une audience de remise en liberté sous caution, prévue mercredi à Toronto, a précisé la GRC.

Ses actions alléguées n'étaient pas commanditées par l'État chinois, a indiqué Mme Strachan. Il est suspecté d'avoir agi seul.

La police fédérale ne pense pas que cette affaire représente une menace envers la sécurité publique à l'heure actuelle, a poursuivi la surintendante.

«Il est important de comprendre qu'il y a plus, dans les enquêtes sur la sécurité nationale, que l'unique lutte contre le terrorisme. Il s'agit de protéger les intérêts canadiens et d'agir pour protéger la souveraineté nationale», a pour sa part déclaré le surintendant en chef Larry Tremblay.

Le ministre de la Sécurité publique, Steven Blaney, a tenu à féliciter l'Équipe intégrée de la sécurité nationale de Toronto (EISNT) pour cette opération.

«La vigilance dont a fait preuve la GRC et ses partenaires de l'EISNT, y compris le Service canadien du renseignement de sécurité et nos organismes d'application de la loi provinciaux et municipaux, a permis d'obtenir ces bons résultats relativement à cette enquête complexe en matière de sécurité nationale», a affirmé le ministre dans un communiqué.

L'arrestation de M. Huang est seulement la deuxième affaire du genre à survenir au cours des dernières années, a indiqué la GRC.

Jeffrey Delisle, un officier de renseignement de la marine, a été condamné à 20 ans de prison plus tôt cette année après avoir plaidé coupable d'avoir vendu des informations occidentales secrètes à la Russie pendant quatre ans, à partir de 2007.

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