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Honduras : une candidate défaite à la présidentielle crie à la fraude

01/12/2013 09:39 EST | Actualisé 31/01/2014 05:12 EST

La candidate de l'opposition lors de la présidentielle du Honduras, tenue la semaine dernière, invoque des résultats modifiés, des votes déposés par des gens morts ou absents, ainsi qu'une surveillance inadéquate des bureaux de vote dans le cadre de sa tentative d'obtenir un recomptage d'un vote qu'elle qualifie de frauduleux.

L'appel fait par Xiomara Castro à ses partisans pour descendre dans la rue et réclamer un recomptage vote par vote de l'élection de dimanche dernier menace encore davantage la stabilité politique de ce pauvre pays d'Amérique centrale. Le mari de la candidate, l'ex-président Manuel Zelaya, a été renversé lors d'un coup d'État en 2009, qui a polarisé le pays.

La cour électorale hondurienne a déclaré gagnant le conservateur Juan Orlando Hernandez, du Parti national, qui détient le pouvoir. Selon ce tribunal, il a reçu 37 % des voix, comparativement à 29 % pour Mme Castro, après le dépouillement de 96 % des bulletins de vote. Six autres candidats se sont partagé les autres votes.

Selon des délégations de l'Union européenne et de l'Organisation des États américains, qui ont surveillé le scrutin, le processus électoral fut transparent, et ce malgré des irrégularités comprenant des listes électorales sur lesquelles des gens décédés ou ayant quitté le pays depuis longtemps pouvaient représenter jusqu'à 30 % des électeurs inscrits.

Pour Mme Castro, toutefois, et son parti Libre, les irrégularités vont au-delà des erreurs et représentent carrément de la fraude électorale. Vendredi soir, la candidate défaite a qualifié l'élection de « monstruosité dégoûtante qui m'a volé la présidence », et a affirmé qu'elle ne reconnaîtrait pas le gouvernement Hernandez. Elle a également appelé à des manifestations dimanche.

Ricci Moncada, le représentant de Libre au sein du tribunal électoral, affirme que plusieurs feuilles recensant les résultats électoraux ont été modifiées et, dans certains cas, falsifiées en incluant les votes de personnes ayant quitté le pays pour favoriser M. Hernandez. Il a ajouté que cela avait été rendu possible grâce à l'absence de surveillance efficace dans plusieurs bureaux de vote.

Mme Castro n'est d'ailleurs pas la seule candidate à rejeter les résultats. Salvador Nasralla, candidat du Parti anticorruption qui a récolté presque 14 % des votes exprimés, a déposé une plainte officielle contestant les résultats.

Interrogé à propos des allégations de fraude, le président du tribunal électoral David Matamoros a assuré que les feuilles de résultats électoraux avaient été examinées de près.

Le scrutin de la semaine dernière, qui permettait également de remplacer les 128 députés, a donné 48 sièges au Parti national, 39 à Libre, 25 au Parti libéral, et 13 au Parti anticorruption.

Associated Press

La Presse Canadienne

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