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Thaïlande: des opposants au gouvernement tentent d'entrer de force au siège du gouvernement

30/11/2013 09:31 EST | Actualisé 30/01/2014 05:12 EST
AFP

Des manifestants réclamant la chute de la Première ministre thaïlandaise ont tenté d'entrer de force samedi au siège du gouvernement à la veille de la "victoire" annoncée par leurs leaders, pendant que les premières violences ont éclaté entre anti et pro-gouvernement.

"La police a commencé des négociations" avec les quelque 2.000 assaillants de Government House, a déclaré le porte-parole de la police Piya Utayo, précisant qu'ils avaient empilé des sacs de sable pour franchir les barbelés.

"Nous avons des informations selon lesquelles il va y avoir une tentative d'escalade de la violence", a-t-il ajouté, alors que ce premier assaut apparaît comme un galop d'essai avant dimanche. Les manifestants ont commencé à se disperser dans la soirée, appelant à revenir le lendemain, selon une journaliste de l'AFP.

Par ailleurs, des incidents entre opposants et partisans du gouvernement, qui organisent des manifestations rivales en ce week-end sous haute tension, ont éclaté.

Des manifestants ont notamment attaqué un bus transportant des partisans des "chemises rouges" soutenant la Première ministre Yingluck Shinawatra, ont vu des journalistes de l'AFP.

Des dizaines de manifestants ont jeté des pavés et des chaises en plastique sur ce bus coincé dans la circulation, près d'un stade où quelque 25.000 "rouges" selon la police étaient rassemblés pour témoigner de leur soutien au gouvernement.

La mobilisation dure depuis un mois contre Yingluck et son frère Thaksin, ancien Premier ministre renversé par un coup d'Etat en 2006, qui reste au coeur de la politique du royaume malgré son exil.

Le pouvoir fait tout pour éviter les affrontements face à une opposition qui multiplie les provocations, occupant ou assiégeant ministères et administrations depuis lundi.

Plus de 10.000 manifestants antigouvernement, selon la police, étaient éparpillés samedi dans divers lieux de la mégalopole de 12 millions d'habitants.

Mais après un pic à plus de 150.000 personnes dimanche dernier, leur nombre pourrait grossir au cours du week-end, les leaders du mouvement ayant appelé à un dernier effort avant l'anniversaire du roi Bhumibol le 5 décembre, célébrations traditionnellement entourées de respect et qui pourraient marquer une pause dans la mobilisation.

Dimanche, "jour de la victoire"

"Le 1er décembre sera le jour de la victoire", a ainsi promis vendredi soir Suthep Thaugsuban, ancien vice-Premier ministre et figure de proue du mouvement, qui a rejeté les appels au dialogue du pouvoir.

Il avait annoncé de nouvelles cibles pour dimanche et appelé à marcher jusqu'au siège du gouvernement, lourdement protégé.

Les manifestants, à la stratégie peu claire, se sont également dirigés vers deux groupes publics de télécommunications, Telephone Organisation of Thailand (TOT) et Communications Authority of Thailand (CAT).

Face aux risques de confrontation entre les deux camps, Yingluck a prôné le sang-froid. "Je veux appeler les manifestants à ne pas s'affronter", a-t-elle insisté lors d'une conférence de presse samedi, avant les incidents.

En 2010, quelque 100.000 "rouges" avaient occupé le centre de Bangkok pour réclamer la chute du gouvernement de l'époque, avant un assaut de l'armée.

La crise, qui avait fait quelque 90 morts et 1.900 blessés, avait mis en lumière les profondes divisions de la société entre masses rurales et urbaines défavorisées du nord et du nord-est du pays, fidèles à Thaksin, et les élites de la capitale gravitant autour du palais royal qui le voyaient comme une menace pour la monarchie.

Côté opposition, le mouvement actuel a été provoqué par un projet de loi d'amnistie, selon eux taillé sur mesure pour permettre le retour de Thaksin, en exil pour échapper à une condamnation à la prison pour malversations financières.

Malgré le rejet du texte par le Sénat, les manifestants, groupes hétéroclites rassemblés par leur haine du milliardaire, n'ont pas désarmé et exigent désormais la tête de Yingluck qu'ils considèrent comme une marionnette de son frère.

Dans un pays qui a connu 18 coups d'Etat ou tentatives depuis l'établissement de la monarchie constitutionnelle en 1932, l'armée a de son côté appelé les manifestants à ne pas lui demander de prendre parti.

Les manifestants entrés vendredi au siège de l'armée de terre avaient en effet demandé aux militaires de les rejoindre.

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