POLITIQUE

Les suicides de soldats risquent de se multiplier, selon un expert

30/11/2013 03:59 EST | Actualisé 30/01/2014 05:12 EST
ASSOCIATED PRESS
Canadian soldiers pay tribute to the fallen soldiers during a transfer of command authority ceremony in Kandahar airbase in Afghanistan, Thursday, July 7, 2011.Canadian combat operations have ended and their troops will transition to a non-combat training role with up to 950 soldiers and support staff to train Afghan soldiers and police in areas of the north, west and Kabul.((AP Photo/Rafiq Maqbool)

OTTAWA - Malgré le suicide de trois vétérans de la guerre d'Afghanistan cette semaine, un psychiatre militaire affirme qu'il n'y a pas eu de récente augmentation du taux de suicide chez les membres des Forces canadiennes.

Le nombre de soldats devant gérer les effets du syndrome de stress post-traumatique (SSPT) devrait cependant augmenter au cours de la prochaine décennie, alors que le stress des affrontements gagne du terrain chez ceux ayant vécu les combats en Afghanistan, a indiqué le colonel Rakesh Jetly.

Il s'agit d'une perspective troublante, alors que l'armée tente de gérer les plus récents cas de suicide, qui jettent un nouvel éclairage sur les programmes dont dispose l'armée pour traiter les cas de SSPT.

Des détracteurs se sont également interrogés sur la façon dont les Forces canadiennes tiennent le compte des suicides en leurs rangs, et si ces données permettent de tracer un portrait représentatif.

L'armée ne tient ainsi pas compte des suicides chez ses réservistes, bien qu'elle garde un oeil sur ces cas, ce qui porte à croire que les véritables taux de suicide pourraient être plus élevés que les données officielles.

«Nous les suivons, nous avons ces données, nous faisons enquête. Si un réserviste de classe B (se suicide), nous menons là aussi une enquête», a déclaré M. Jetly lors d'une conférence téléphonique, vendredi.

«Le problème est qu'il est très, très difficile pour nous, au sein de l'organisation, de véritablement obtenir le portrait de la situation chez les réservistes», a-t-il expliqué.

«Nous craignons que si nous commençons à tenter d'en tenir compte, les résultats seront inexacts.»

Le plus récent cas de suicide concerne un sous-officier de la base de Petawawa, au nord-est d'Ottawa.

La police militaire fait enquête. L'armée a identifié la victime comme étant l'adjudant Michael McNeil, du 3e bataillon du Royal Canadian Regiment.

Le ministère de la Défense s'intéresse également au décès de deux autres soldats dans l'ouest du pays.

Des amis des victimes ont identifié l'une d'entre elles comme le caporal-maître William Elliott. Les autorités ont confirmé l'existence d'une enquête sur la mort, mardi, d'un soldat se trouvant chez lui aux alentours de la base de Shilo, au Manitoba.

Un artilleur est également décédé dans un hôpital, lundi, après avoir été trouvé dans un état de détresse au centre correctionnel de Lethbridge, en Alberta. L'homme, identifié par ses amis comme étant Travis Halmrast, était détenu en vertu d'allégations de violence conjugale lors de sa mort.

Le ministre de la Défense, Rob Nicholson, a souligné jeudi que le gouvernement avait consacré des millions de dollars au traitement et au suivi psychologique des soldats revenant du front depuis 2011.

Malgré tout, il a estimé que les plus récents décès étaient «troublants».

Si le Canada surveille constamment les autres pays pour comprendre les programmes utilisés par ces derniers afin d'aider à diminuer les taux de suicide parmi les soldats, le colonel Jetly a indiqué que plusieurs de ces pays avaient quant à eux les yeux rivés sur le Canada pour y trouver, là aussi, des exemples de programmes efficaces.

D'après les détracteurs de l'opposition, toutefois, le gouvernement n'a pas consacré suffisamment de ressources dans les programmes qui empêcheraient les suicides.

«Nous avons besoin d'un système en place pour nous assurer que nous pouvons identifier les failles», a déclaré le député néo-démocrate Matthew Kellway. «En ce moment, il n'est pas possible de savoir si nous avons ce système.»

La Défense n'a pas publié de données sur les suicides de l'an dernier, mais les plus récentes informations indiquent que 22 membres à temps plein des Forces canadiennes se sont enlevé la vie en 2011.

Pour la porte-parole libérale en matière de défense, Joyce Murray, l'armée doit améliorer de toute urgence les programmes pour les proches des soldats revenant du front.

«Il y a une très forte pression sur les familles qui n'est pas correctement traitée, a-t-elle dit. Donc, lorsqu'une personne est blessée à l'étranger, cela ajoute du stress. Je crois qu'il y a une véritable demande pour avoir un meilleur soutien destiné à la famille.»


Attention, certaines images peuvent être choquantes.

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