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Namibie: 33 morts dans le crash d'un avion de la compagnie mozambicaine LAM

30/11/2013 09:40 EST | Actualisé 30/01/2014 05:12 EST
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plane flying into the stormy...

Un avion de la compagnie publique mozambicaine LAM à destination de l'Angola a été retrouvé carbonisé samedi en Namibie et on ne compte aucun survivant selon la police parmi les 33 personnes à bord, après ce crash, le plus grave dans l'histoire de l'aviation civile mozambicaine.

"Mon équipe sur le terrain a trouvé la carcasse. Pas de survivant. L'avion est totalement carbonisé", a déclaré samedi à l'AFP un coordonnateur de la police régionale namibienne, Willie Bampton, après plusieurs heures de recherches dans une zone inhospitalière, peu peuplée, marécageuse et boisée du parc national de Bwabwata, dans le nord-est de la Namibie.

Le vol TM 470 avait décollé vendredi matin à 09H26 GMT de Maputo à destination de la capitale angolaise Luanda avec 27 passagers à bord: dix Mozambicains, neuf Angolais, cinq Portugais, un Français, un Brésilien et un Chinois, selon un communiqué de la LAM.

L'appareil pourrait être un Embraer ER-190 AR avec une centaine de sièges, et donc au deux tiers vide.

Il n'est jamais arrivé et le dernier contact a pu être établi vers 11H30 GMT alors qu'il survolait le nord de la Namibie où des pluies torrentielles se sont abattues.

La police namibienne a envoyé ses sauveteurs après avoir été alertée par des collègues du Botswana qui "avaient vu de la fumée dans l'air, pensant que le crash s'était produit dans leur pays", a raconté M. Bampton. "Mais quand ils ont atteint la frontière ils se sont rendus compte que cela s'était produit en Namibie".

Les policiers namibiens, dont les recherches ont été ralenties par la pluie et la végétation inextricable de brousse dans cette zone sans véritables routes, ont aussi été guidés par le bruit d'explosions entendus par des villageois.

La compagnie avait estimé vendredi que l'avion avait peut-être fait un atterrissage près de la frontière septentrionale de la Namibie.

Vingt-quatre heures après l'accident, elle n'avait toujours pas confirmé officiellement le crash mais seulement divulgué la nationalité des passagers, révisant leur nombre à 27 au lieu de 28 la veille.

Des proches, venus aux nouvelles au siège de la compagnie, ont exprimé leur colère. "Ils nous disent que c'était un atterrissage forcé. Je sais que c'est un crash", confiait le collègue de l'un des disparus, Luis Paolo. "Comment une compagnie nationale peut-elle ne pas avoir d'information?".

Le gouvernement mozambicain était également muré dans le silence samedi, confirmant seulement le nombre de 33 personnes à bord en comptant l'équipage, tandis qu'une réunion de crise du cabinet avait lieu au palais présidentiel.

Selon un technicien de l'aéroport de Maputo, qui a requis l'anonymat, l'avion aurait été pris dans le mauvais temps.

Cet accident est le plus grave dans l'histoire du Mozambique depuis le mystérieux crash de l'avion du président Samora Machel en 1986 en Afrique du Sud, qui était probablement un attentat lié aux hostilités de l'époque avec le régime raciste blanc de l'apartheid. Il y avait eu 35 morts.

L'Union européenne a interdit de vol la compagnie LAM dans son espace aérien en 2011.

Une mesure justifiée par les lacunes de la sécurité civile aérienne mozambicaine plus que par le bilan de la compagnie nationale.

A Lisbonne, le ministère portugais des Affaires étrangères a précisé que le passager listé comme Brésilien était en réalité Luso-Brésilien.

"Les délégations diplomatiques et consulaires ont déjà pris contact avec la famille de quatre des cinq Portugais qui voyageaient à bord du vol TM470, et continuent de suivre la situation de près afin d'apporter tout le soutien nécessaire", selon un communiqué.