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Le vice-premier ministre de l'Égypte dénonce la loi contre les manifestations

30/11/2013 10:38 EST | Actualisé 30/01/2014 05:12 EST

LE CAIRE, Égypte - Un haut dirigeant du gouvernement égyptien a dénoncé, samedi, la nouvelle loi contre les manifestations alors que la police utilisait des grenades de gaz lacrymogène et des matraques pour disperser un groupe de protestataires au Caire.

Cet affrontement violent survient au moment où les 50 membres du comité chargé d'amender la Constitution rédigée par les islamistes ont amorcé le processus de vote concernant leurs recommandations finales.

Les changements proposés doivent faire l'objet d'un référendum que plusieurs voient comme une étape importante de la transition de l'Égypte vers la démocratie après le coup d'État militaire qui a entraîné la chute du président islamiste Mohammed Morsi en juillet.

Prenant la parole au sujet de la nouvelle loi, le vice-premier ministre Ziad Bahaa-Eldin a déclaré qu'il s'opposait à cette mesure parce qu'elle restreint le droit de manifester et qu'elle n'a pas été adoptée par un Parlement élu.

Le politicien a demandé au gouvernement de revoir la loi afin de montrer que l'État était prêt à écouter les militants laïcs, qui ont organisé plusieurs rassemblements pour défier la législation.

Adoptée dimanche, la loi permet aux forces de sécurité d'interdire les manifestations qui n'ont pas été préalablement signalées au ministère de l'Intérieur. Elle prévoit aussi de fortes amendes et de lourdes peines d'emprisonnement pour les contrevenants.

Avec cette mesure, les autorités égyptiennes semblent vouloir mettre un terme aux rassemblements organisés presque quotidiennement par les partisans de M. Morsi et les opposants au gouvernement intérimaire du pays.

La législation a toutefois suscité la colère des activistes laïcs ayant accordé leur soutien au gouvernement.

Depuis l'adoption de la loi, la police a mis fin à plusieurs rassemblements et arrêté de nombreuses personnes. Un étudiant a également été tué, jeudi, lorsque les autorités ont dispersé des manifestants islamistes provenant de l'université du Caire.

Samedi, les policiers de l'escouade anti-émeute armés de boucliers et de matraques ont lancé des grenades de gaz lacrymogène puis ont poursuivi des protestataires participant à une manifestation près d'un tribunal de la capitale égyptienne qui visait à dénoncer la détention de 24 activistes arrêtés mardi pour avoir pris part à une manifestation qui n'avait pas été autorisée.

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