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La police disperse violemment les manifestants à Kiev, des dizaines de blessés

30/11/2013 09:47 EST | Actualisé 30/01/2014 05:12 EST
AFP

Les forces antiémeutes ont évacué violemment samedi matin les manifestants d'opposition restés dans le centre de Kiev, faisant des dizaines de blessés, au lendemain d'un appel de l'opposition à chasser le pouvoir du président Ianoukovitch.

Selon médias et témoins, l'assaut a commencé au petit matin sur la place de l'Indépendance dans le centre de Kiev, où restaient environ un millier de militants d'opposition après une manifestation la veille au soir.

"La manifestation a été dispersée de manière sauvage, il y a des dizaines de blessés et des dizaines d'interpellés", a écrit le député Andreï Chevchenko sur Twitter.

"L'Ukraine n'avait encore rien vu de tel", a ajouté ce député.

Le site d'information proche de l'opposition Ukrainskaia Pravda a mis en ligne des photographies de manifestants le visage en sang, et des vidéos montrant apparemment des policiers antiémeutes intervenant à coups de matraque.

"Ils nous ont encerclés, puis ils ont commencé à avancer en frappant tout le monde, hommes, femmes, les gens tombaient, ils les battaient. Je me suis évanouie, les garçons m'ont portée", a raconté une jeune femme sur une de ces vidéos.

"Je me suis réveillée dans une ambulance, avec des gens qui avaient le visage en sang", a-t-elle ajouté.

Selon les médias, environ un millier de personnes se trouvaient sur la place, dont les forces de police ont pris le contrôle.

La veille au soir, devant environ 10.000 personnes rassemblées sur la place, les leaders de l'opposition avaient exigé la démission du président Viktor Ianoukovitch après son refus de signer un accord d'association avec l'UE en préparation depuis des mois.

"Nous exigeons l'examen d'une procédure d'éviction du président au Parlement, et une élection avant 2015", avait lancé Arseni Iatseniouk, un proche de l'opposante et ex-Premier ministre emprisonnée Ioulia Timochenko, alors que Vitali Klitschko, célèbre champion de boxe et président du parti Oudar, parlait de "haute trahison" et promettait de "tout faire" pour l'éviction du pouvoir en place.