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Enfants de migrants: la République dominicaine poursuit son plan controversé

30/11/2013 04:33 EST | Actualisé 30/01/2014 05:12 EST

SAINT-DOMINGUE, République dominicaine - La République dominicaine a lancé samedi un plan en vue d'appliquer une récente décision judiciaire qui pourrait retirer leur citoyenneté dominicaine aux enfants de migrants vivant illégalement dans le pays.

En vertu du plan élaboré par les autorités, les personnes concernées par le jugement disposent de 18 mois pour présenter une demande de citoyenneté, à partir de juin 2014. Ce plan n'offre toutefois pas de détails sur les exigences ou les conditions devant être respectées pour obtenir la citoyenneté.

Le président du pays, Danilo Medina, a signé le plan quelques jours avant que la Cour interaméricaine des droits de l'homme ne tienne une audience de cinq jours pour recueillir les plaintes et les témoignages des personnes concernées par le jugement.

Selon le jugement, les personnes nées en République dominicaine depuis 1929 de parents vivant illégalement dans le pays n'obtiennent pas automatiquement la citoyenneté.

Des groupes de défense des droits de l'homme ont critiqué le jugement, affirmant que près de 200 000 personnes pourraient ainsi perdre leur citoyenneté dominicaine, dont une majorité de personnes d'origine haïtienne. Le gouvernement maintient que seules 24 000 personnes seront affectées.

Le plan en question est contradictoire, puisqu'il tente de naturaliser les personnes nées en République dominicaine et qui ne possèdent pas de passeport d'un autre pays, selon Joseph Chérubin, directeur de l'organisme caritatif Mouvement socioculturel pour les travailleurs haïtiens.

«Pour naturaliser des gens, ceux-ci doivent avoir un passeport étranger, dit-il. Vous ne pouvez pas naturaliser un Dominicain.»

Le plan est par ailleurs mis en place alors que 464 personnes ont déjà été déportées en Haïti ou ont quitté la République dominicaine volontairement au cours de la dernière semaine, en raison des sentiments anti-Haïtiens au sein de la population à la suite du meurtre d'un couple d'aînés dominicains.

Des responsables dominicains et haïtiens devaient discuter de la décision de la cour, samedi, mais le gouvernement de Saint-Domingue a annulé la rencontre après que la Communauté caribéenne (CARICOM) eut critiqué le jugement et annoncé qu'elle retarderait une demande de la République dominicaine pour devenir membre du groupe.

Le ministre dominicain Gustavo Montalvo a pour sa part mentionné que son gouvernement estimait qu'Haïti avait violé une entente précédente visant à prioriser le dialogue bilatéral dans cette affaire.

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