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Silvio Berlusconi est soupçonné d'avoir soudoyé des témoins

29/11/2013 09:25 EST | Actualisé 29/01/2014 05:12 EST

ROME - L'ancien premier ministre italien Silvio Berlusconi et ses avocats sont accusés d'avoir soudoyé des témoins en lien avec son procès concernant des fêtes à caractère sexuel.

Les avocats de M. Berlusconi ont rapidement réagi en déclarant, vendredi, que ces accusations sont complètement déconnectées de la réalité et qu'elles ne s'appuient sur aucune preuve.

Citant des témoins et des enregistrements téléphoniques, un tribunal de Milan affirme que M. Berlusconi a réuni une douzaine de jeunes femmes à son domicile de Milan le 15 janvier 2011 pour une rencontre avec ses avocats, après que leurs domiciles aient été fouillés par la police dans le cadre d'une enquête sur ces fêtes.

À partir de ce moment, écrivent les juges, les jeunes femmes ont commencé à recevoir chacune 2500 euros chaque mois de M. Berlusconi et à offrir à la justice des témoignages étonnamment similaires, niant que ces fêtes aient eu un caractère sexuel. Ce montant représente environ deux fois le salaire mensuel moyen d'un travailleur italien.

Les avocats Niccolo Ghedini et Piero Longo affirment qu'il n'y «a absolument aucun lien» entre la rencontre de janvier 2011 et les sommes ensuite versées aux femmes.

Le tribunal a déposé la nouvelle accusation au moment d'expliquer pourquoi il a trouvé trois anciens proches de M. Berlusconi coupables d'avoir embauché des prostituées pour ces fêtes. Les femmes avaient été appelées à témoigner pendant ce procès. Elles ont nié que les fêtes aient été osées, tandis que les juges les ont accusées de s'être parjurées.

Cette affaire s'ajoute aux problèmes juridiques de M. Berlusconi, qui plus tôt cette semaine a été expulsé du Sénat italien en lien avec sa condamnation à six ans de prison pour évasion fiscale.

L'ancien premier ministre a déjà expliqué les paiements faits aux femmes en disant qu'il aime aider les gens dans le besoin. La plupart des femmes étaient des actrices inconnues qui espéraient obtenir un rôle dans une émission de l'empire Mediaset de M. Berlusconi. Plusieurs habitaient des appartements lui appartenant, portaient des bijoux reçus en cadeau de lui ou conduisaient des voitures qu'il leur avait offertes pour leur anniversaire.

Dans leur décision, les juges affirment que les femmes ont offert des témoignages «superposés» qui contredisaient les dires d'autres participants aux fêtes, qui ont fait état de soirées sexuelles qui se terminaient avec les filles légèrement vêtues ou déguisées en religieuses, touchant M. Berlusconi ou le laissant les toucher.

«Tous les gens qui ont reçu ce montant d'argent ont offert pendant le procès des témoignages qui se superposaient parfaitement, même en ce qui concerne l'utilisation d'un langage incongru dans ce contexte culturel, ont écrit les juges. En particulier, il y a eu une répétition de noms, de termes et de phrases dont les témoins, lorsque questionnés, ont admis ne pas connaître le sens. Il s'agissait de déclarations favorables à Berlusconi.»

Les juges ont refusé de croire qu'il s'agisse d'une simple coincidence que M. Berlusconi ait versé des sommes mensuelles à des témoins dans un procès qui l'impliquait directement. L'affaire est maintenant entre les mains des procureurs.

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