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L'opposition envahit le siège de l'armée à Bangkok

29/11/2013 04:54 EST | Actualisé 28/01/2014 05:12 EST

Un millier de manifestants antigouvernementaux ont réussi à pénétrer vendredi dans le complexe abritant l'état-major de l'armée royale thaïlandaise à Bangkok, a constaté un journaliste de Reuters.

« Nous sommes venus voir de quel côté se range l'armée! », hurlait un manifestant.

Toujours dans la capitale, des centaines de contestataires ont entrepris de se rassembler aux abords du siège du parti au pouvoir, intensifiant leur campagne pour obtenir le départ de Yingluck Shinawatra, première ministre, après avoir rejeté son appel au dialogue.

Yingluck Shinawatra, soeur de l'ex-premier ministre Thaksin Shinawatra, a surmonté sans difficulté jeudi une motion de censure au parlement. Elle n'a toutefois pas réussi à apaiser les manifestants, qui l'accusent d'abuser de la majorité dont dispose son parti pour faire adopter des lois renforçant les manoeuvres en coulisse de Thaksin.

Si le nombre de manifestants tend à diminuer depuis le début de la semaine, il en reste un noyau dur déterminé à s'en prendre aux symboles du « régime Thaksin », afin d'affaiblir la chef du gouvernement, qu'ils considèrent comme une marionnette manipulée par son frère.

Le chef des contestataires, Suthep Thaugsuban, qui était vice-premier ministre dans le précédent gouvernement, a rejeté l'appel au dialogue lancé à la télévision par Yingluck Shinawatra, laquelle exclut de démissionner comme de dissoudre le parlement.

Les manifestants sont présents au moins en cinq endroits de Bangkok, dont trois dans son centre historique, un autre en lisière nord de la ville, ainsi qu'au siège du ministère des Finances, qu'ils occupent depuis lundi.

Yingluck Shinawatra a gouverné pendant deux ans sans problème majeur, jusqu'au mois d'octobre, lorsque le parti au pouvoir, Puea Thai, a tenté de faire passer un projet de loi d'amnistie qui aurait blanchi Thaksin Shinawatra de sa condamnation pour corruption en 2008 et aurait facilité son retour en politique.

« Le gouvernement ne va pas se laisser entraîner dans la violence parce que c'est exactement ce que veut Suthep », a déclaré Udomdet Rattanasatein, un parlementaire du Puea Thai. « Nous ne céderons pas à la provocation. »

L'entourage de Thaksin, qui puise sa force électorale dans les campagnes thaïlandaises, doit faire attention de ne pas s'aliéner davantage les cols blancs et la classe moyenne de la capitale, fers de lance de la contestation.

Le syndicat des employés de Thai Airways, la compagnie nationale contrôlée à 51 % par le ministère des Finances, a ainsi menacé de se mettre en grève en cas de
violences contre les manifestants.

« Si le gouvernement emploie la force (...) nous augmenterons la pression en clouant les avions au sol », a prévenu le président du syndicat, Damrong Waikanee.

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