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Le gouvernement fédéral s'intéresse à la surveillance des échanges en ligne

29/11/2013 06:48 EST | Actualisé 29/01/2014 05:12 EST

Les gazouillis, messages publics sur Facebook et vidéos YouTube pourraient bientôt faire l'objet d'une surveillance constante de la part du gouvernement fédéral, révèle un document informatif publié cette semaine par Travaux publics et Services gouvernementaux Canada.

Le gouvernement fédéral recherche une entreprise qui puisse « surveiller en permanence les médias sociaux sur une base quotidienne en temps quasi réel, et offrir des données et des capacités de signalement en ligne ».

Cela concerne « les blogues, les microblogues, les sites de réseautage social comme Facebook et Twitter, les forums et babillards électroniques, les sites d'information traditionnels et les sections des commentaires, ainsi que les sites de partage de contenu [photo et vidéo, comme YouTube] ».

Le soumissionnaire devrait également avoir un oeil sur les sites de nouvelles et blogues d'information francophones et anglophones. Ce service, précise le document, doit être offert 24 heures sur 24, sept jours par semaine.

Un aspect de ce travail consistera à évaluer les émotions et le ton des messages, et de déterminer leur portée.

Le contrat est d'une durée de 5 ans - du mois de février prochain jusqu'à janvier 2019.

Selon l'analyste de la vie publique Mark Blevis, chez FullDuplex.ca, il n'est pas inhabituel qu'un gouvernement désire savoir ce que dit sa population, bien qu'il concède que cela puisse être déconcertant. « En un certain sens, il y a un aspect étrange à tout cela », a-t-il dit en entrevue.

« D'un autre côté, il s'agit de données gratuites et disponibles. Si cela est accessible publiquement, pourquoi le gouvernement n'aurait-il pas les mêmes possibilités de les obtenir comme quiconque? C'est ce qu'il en fait ensuite qui demeure la grande inconnue. »

Les médias sociaux peuvent servir de « système d'alerte avancée » pour indiquer aux autorités qu'une catastrophe vient de se produire, dit M. Blevis, tout comme ils peuvent être utilisés pour évaluer l'opinion publique.

« Cela dépend des intentions. Est-ce épeurant? Oui, pour la majorité de la population, cela semblera épeurant, parce que les gens auront l'impression que le gouvernement regarde par-dessus leur épaule. Mais, je pense aussi que cela est l'équivalent de reconnaître que les échanges sociaux ont désormais lieu en ligne, et qu'ils surviennent au vu et au su de tous. »

Le ministère des Travaux publics a indiqué vendredi que si de précédentes démarches de surveillance médiatique comprenaient un volet touchant les médias sociaux, la technologie a évolué à un point tel qu'une entreprise se spécialisant dans ce domaine est nécessaire.

La surveillance médiatique est une procédure habituelle pour tout gouvernement désirant comprendre comment ses politiques et pratiques sont perçues par le public, a fait savoir Pierre-Alain Bujold, porte-parole du ministère, par courriel.

« Le gouvernement continue d'effectuer une surveillance des médias sociaux dans le cadre des activités générales de veille médiatique », a-t-il ajouté.

« Par le passé, des arrangements en matière d'approvisionnement pour les médias comprenaient les médias sociaux. Puisqu'il s'agit d'un domaine particulier qui continue de prendre de l'expansion, les Travaux publics ont publié le 29 novembre une requête spécifique pour que des entreprises spécialisées puissent présenter leurs propositions afin d'obtenir ce contrat. »

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